Le président américain Donald Trump a annoncé samedi porter à 15 % sa nouvelle taxe douanière mondiale, initialement fixée à 10 %, en réponse à une décision de la Cour suprême jugeant illégale sa politique commerciale agressive. La France appelle à une réaction unie de l'Union européenne, tandis que l'Allemagne prépare des discussions avec ses alliés. Cette mesure, effective immédiatement, s'applique à de nombreux partenaires commerciaux des États-Unis.
Le 20 février 2026, Donald Trump a signé un décret imposant un droit de douane mondial de 10 %, entrant en vigueur le 24 février pour une durée de 150 jours. Des exceptions concernent les produits pharmaceutiques et les importations couvertes par l'accord États-Unis-Mexique-Canada. Vendredi, la Cour suprême des États-Unis a statué par une majorité de six juges sur neuf que le président ne pouvait justifier ces mesures par une urgence économique sans autorisation claire du Congrès, selon le président de la Cour, John Roberts.
Samedi, Trump a réagi en annonçant sur Truth Social une hausse immédiate à 15 %, qualifiant la décision de « ridicure » et « extraordinairement anti-américaine ». Cette surtaxe s'applique aux pays ayant des accords commerciaux avec Washington, comme l'Union européenne, le Japon, la Corée du Sud et Taïwan.
En France, le ministre délégué au Commerce extérieur, Nicolas Forissier, a indiqué que « une approche unie de l'Union européenne sera nécessaire ». Il s'est dit favorable à des mesures de rétorsion de l'UE dans le Financial Times. Le ministère est en contact avec la Commission européenne pour analyser les répercussions. Le président Emmanuel Macron s'est félicité des « pouvoirs et des contrepouvoirs dans les démocraties », appelant à des règles loyales et à une logique d'apaisement.
L'Allemagne, via le chancelier Friedrich Merz, prévoit des discussions avec ses alliés européens pour une réponse commune avant une rencontre avec Trump à Washington. « Nous aurons une position européenne très claire à ce sujet, car la politique douanière relève de l'Union européenne », a déclaré Merz à la chaîne ARD.
Cette décision de la Cour ouvre la voie à de possibles remboursements des surtaxes déjà collectées, dépassant 130 milliards de dollars en 2025. Un juge dissident, Brett Kavanaugh, a averti d'un potentiel « chaos » sur les modalités de remboursement.