L'Allemagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni ont mis en garde Israël contre le rétablissement de la peine de mort. Les ministres des Affaires étrangères critiquent ce projet de loi, le qualifiant de discriminatoire et de châtiment inhumain. Le parlement israélien doit se prononcer à ce sujet lundi.
Les ministres des Affaires étrangères d'Allemagne, de France, d'Italie et du Royaume-Uni ont décrit la peine de mort dans une déclaration commune comme une "forme de punition inhumaine et dégradante sans effet dissuasif". Johann Wadephul (CDU) et ses homologues exhortent le parlement et le gouvernement israéliens à retirer ce projet de loi. Ils expriment leur inquiétude quant à son "caractère de facto discriminatoire". La Knesset prévoit un vote final lundi sur le texte législatif initié l'année dernière. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, le qualifie de projet de loi le plus important de ces dernières années. Son adoption est considérée comme probable, bien que les critiques qualifient la proposition de raciste car elle affecterait principalement les Palestiniens. S'il est adopté, les Palestiniens condamnés par des tribunaux militaires dans les territoires occupés pour des meurtres motivés par le terrorisme pourraient être passibles de la peine capitale. Les tribunaux civils pourraient également l'imposer pour des meurtres visant à détruire Israël, mais pas pour des Israéliens tuant des Palestiniens. Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Alain Berset, appelle également au rejet du projet de loi, y voyant un recul par rapport au moratoire en vigueur depuis longtemps. Israël a aboli la peine de mort pour meurtre en 1954 ; la dernière exécution remonte à 1962, celle d'Adolf Eichmann.