À deux semaines de la date limite de dépôt des candidatures, la charte lancée par le Rassemblement national (RN) pour rallier des maires de droite n'a été signée que par quelques dizaines d'élus. Cette initiative, visant à obtenir leur soutien en échange d'engagements programmatiques, est jugée en décalage avec la réalité locale. Julien Sanchez, directeur de campagne du RN, avait vanté son succès potentiel en décembre 2025.
Le Rassemblement national (RN) avait misé sur une charte pour convertir des élus locaux aux idées du parti d'extrême droite en vue des élections municipales des 15 et 22 mars 2026. Ce document prévoyait que des candidats extérieurs au RN obtiennent le soutien des députés lepénistes contre leur voix aux élections sénatoriales, leur parrainage à la présidentielle et des engagements comme l'absence d'augmentation de la fiscalité locale, le renforcement de la police municipale et le refus de subventions à des associations d'aide aux immigrés.
Le 1er décembre 2025, Julien Sanchez, directeur de campagne du RN, affirmait que « beaucoup d’élus locaux nous sollicitent et ont sollicité nos députés dans leur circonscription », menaçant d'opposer des listes RN aux maires récalcitrants. Pourtant, malgré la croissance électorale du parti, cette stratégie n'a pas fait du RN un acteur local dominant.
À quinze jours de la limite du 26 février pour les dépôts de candidatures, seules quelques dizaines de chartes ont été paraphées, selon les informations de la presse et de cadres du RN. Aucune commission nationale d'investiture n'a été convoquée, le dispositif étant centralisé par Julien Sanchez, qui n'a pas répondu aux sollicitations du Monde. L'opération est critiquée pour son « complet décalage » avec le « terrain » local, limitant son impact à l'approche des municipales.