Le Rassemblement national, fort de ses victoires à Hénin-Beaumont en 2014 et à Bruay-la-Buissière en 2020, espère étendre son influence dans les bastions historiques de gauche du bassin minier du Pas-de-Calais lors des municipales.
Le bassin minier du Pas-de-Calais, marqué par la fermeture des mines, le déclassement social et le chômage, offre un terrain fertile pour l’extrême droite. Hénin-Beaumont sert de tête de pont depuis 2014, après une période de gestion chaotique sous le socialiste Gérard Dalongeville, élu en 2001 et réélu en 2008, mais révoqué en 2009 pour des marchés publics truqués et une explosion de la dette qui a entraîné une hausse des impôts locaux.
Steeve Briois, alors simple conseiller d’opposition, a vu sa progression accélérée par l’arrivée de Marine Le Pen. En 2009, elle figurait en deuxième place sur sa liste lors du scrutin suivant la révocation du maire. Bien que la gauche l’emporte encore, les conseils municipaux deviennent des arènes de tensions, avec accusations et cris.
En 2014, Briois est élu dès le premier tour. Marine Tondelier, dans l’opposition, décrit dans son livre Nouvelles du front (2017) comment « au fil des mois, une chape de plomb s’installe. Elle muselle les mécontents, divise les habitants. Qu’ils soient opposants politiques, militants associatifs, employés municipaux, journalistes, les récalcitrants sont harcelés, calomniés et découragés ».
Malgré de bons scores nationaux du FN puis du RN, les élus locaux de gauche résistent. En 2020, Ludovic Pajot remporte Bruay-la-Buissière (21 000 habitants), la deuxième ville moyenne à basculer. Briois, réélu avec 74 % des voix au premier tour, célèbre cette victoire comme un symbole de l’implantation du RN.