Après des décennies de retard, le projet de loi sur la liberté d'information (FOI) avance à la Chambre des représentants et au Sénat des Philippines. Il a franchi l'étape de la commission à la Chambre et a été adopté en deuxième lecture au Sénat à la mi-mars. Des divergences subsistent entre les versions des deux chambres.
Six mois après que le président Ferdinand Marcos Jr. a ajouté le projet de loi sur la liberté d'information (FOI) à son programme législatif, celui-ci a progressé au Congrès. La proposition de loi sur le droit à l'information (RTI) a franchi l'étape de la commission à la Chambre, tandis que le People’s FOI Act a été adopté en deuxième lecture au Sénat à la mi-mars 2026, juste avant la pause de deux mois des législateurs. Le projet de loi stagne depuis plus de trois décennies, ayant failli être adopté en 2010 avant d'échouer lors de la ratification du rapport de la commission mixte. En 2016, l'ancien président Rodrigo Duterte avait émis un décret sur la liberté d'information, mais ses nombreuses exceptions, comme la sécurité nationale, permettaient aux agences de rejeter les demandes, y compris celle concernant la déclaration de patrimoine (SALN) du président. La version de la Chambre propose une Commission du droit à l'information en tant qu'organe de surveillance, comme l'a expliqué Brian Yamsuan, vice-président de la commission, à Rappler : « La création de cette Commission RTI met en place un mécanisme approprié car il y a une véritable organisation derrière. Ce n'est pas juste une loi sur le papier. » La coalition Right to Know, Right Now! (R2KRN), par la voix de sa co-organisatrice Eirene Aguila, a salué cette approbation, soulignant que 85 % des contributions de la société civile ont été intégrées, notamment des délais de 3 à 7 jours pour les demandes ordinaires et une obligation de divulgation proactive. Le président de la commission, Lordan Suan, a qualifié cette avancée de changement de paradigme, les agences fournissant désormais des informations clés de manière volontaire. Des différences persistent : le projet de loi du Sénat ne prévoit pas de commission et exige une publication plus claire des SALN pour les hauts fonctionnaires, tandis que la Chambre laisse cette responsabilité aux agences. La Chambre permet également à des organes de contrôle comme la Commission des droits de l'homme (CHR) d'accéder aux informations restreintes. À la reprise des sessions en mai, le texte sera transmis aux commissions des crédits et des règles avant d'être débattu en séance plénière. Suan espère une adoption rapide face aux exigences de transparence. Marcos l'avait inscrit parmi les projets de loi prioritaires en septembre 2025, dans un contexte de scandales de corruption. Une commission paritaire devra désormais harmoniser les deux versions.