Deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes en France après le décès suspect de deux bébés ayant consommé du lait infantile Guigoz rappelé par Nestlé pour une possible contamination par la toxine céréulide. À Angers et Bordeaux, les autorités examinent si cette substance bactérienne est en cause, sans lien de causalité établi pour l'instant. Les ministères de la Santé et de l'Agriculture suivent l'alerte sanitaire avec vigilance.
En France, deux cas tragiques de décès de nourrissons ont conduit à l'ouverture d'enquêtes pour déterminer si un lait infantile contaminé est impliqué. À Angers, une petite fille de 27 jours est décédée le 23 décembre 2025. Sa mère a contacté les enquêteurs il y a deux jours pour mentionner une boîte de lait Guigoz donnée à l'enfant. Le procureur Éric Brouillard a qualifié cette piste de «sérieuse», mais a ajouté qu'«il est beaucoup trop tôt pour dire que c'est la piste principale». Un laboratoire a été saisi en urgence pour des analyses.
À Bordeaux, un bébé né le 25 décembre 2025 est mort le 8 janvier 2026 à l'hôpital Haut-Lévêque de Pessac. Alimenté avec du lait Guigoz entre le 5 et le 7 janvier, l'enfant a présenté des troubles digestifs le 7 janvier, menant à son hospitalisation d'urgence. Le procureur Renaud Gaudeul a indiqué que les premières analyses n'ont pas détecté la bactérie Bacillus cereus, mais des examens complémentaires pour la toxine céréulide sont en cours. «Les résultats de ces nouvelles analyses, plus longues, ne sont pas encore connus», a-t-il précisé.
Nestlé a rappelé les laits Guigoz et Nidal le 5 janvier 2026 en raison d'une présence potentielle de céréulide, une toxine produite par Bacillus cereus qui peut causer des vomissements. Ce rappel concerne une soixantaine de pays, dont la France. Le PDG Philipp Navratil s'est excusé mi-janvier, alors que des ONG l'accusent de retard. Par ailleurs, Lactalis a annoncé un rappel similaire mercredi, lié à une huile riche en acide arachidonique fournie par un producteur chinois.
Les ministères de l'Agriculture et de la Santé ont qualifié l'alerte d'«ampleur, qui reste évolutive», sans lien causal prouvé entre les laits et les symptômes. La ministre Annie Genevard a insisté sur la responsabilité des entreprises : «Il est de la responsabilité des entreprises de réaliser des contrôles et de rappeler les lots contaminés». L'ONG Foodwatch a déposé plainte pour éclaircir ces rappels affectant des millions de nourrissons dans le monde.