La représentante américaine Marjorie Taylor Greene a annoncé qu’elle quittera le Congrès début janvier après un différend public avec le président Donald Trump sur la gestion de documents liés à Jeffrey Epstein. Sa décision a surpris de nombreux électeurs du 14e district de Géorgie, et une élection spéciale est attendue pour combler le poste vacant.
La représentante Marjorie Taylor Greene, une ancienne alliée proéminente devenue critique du président Donald Trump, a déclaré qu’elle quittera le Congrès avant la fin de son mandat, invoquant une fracture croissante avec le président qui s’est accentuée avec la publication de documents liés au délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein.
Selon NPR et d’autres médias nationaux, Greene a annoncé dans un message vidéo publié tard un vendredi récent qu’elle prévoit de démissionner à compter du 5 janvier. KPBS, rapportant la couverture de NPR, note que Greene a présenté ce départ comme le point culminant de mois de clashes avec Trump sur son agenda pour un second mandat, y compris ce qu’elle a décrit comme son réticence à agir rapidement sur la publication des « dossiers Epstein ».
Greene a publiquement plaidé pour la divulgation d’informations relatives à Epstein et son réseau. Dans son annonce, elle a argué que soutenir la transparence ne devrait pas avoir entraîné une rupture avec le président. « Défendre les femmes américaines violées à 14 ans, trafiquées et utilisées par des hommes riches et puissants, ne devrait pas aboutir à ce que l’on me traite de traîtresse et que je sois menacée par le président des États-Unis, pour qui j’ai combattu », a-t-elle déclaré, selon le rapport de NPR sur son intervention.
Sa décision de démissionner intervient alors que les républicains ne détiennent qu’une majorité étroite à la Chambre des représentants des États-Unis. Des rapports récents d’Associated Press et de NPR décrivent la chambre comme fortement divisée, avec seulement une poignée de sièges séparant républicains et démocrates, ce qui signifie que tout départ — y compris celui de Greene — pourrait accentuer les tensions lors de votes serrés. Le district du nord-ouest de la Géorgie de Greene, l’un des plus conservateurs du pays, a été considéré comme un siège républicain sûr lors des cycles électoraux récents.
Dans des interviews avec des journalistes de NPR qui se sont rendus dans son district, les électeurs ont décrit avoir été pris au dépourvu par l’annonce de Greene, bien que beaucoup aient également exprimé leur compréhension de son désir d’éviter ce qu’elle a qualifié de lutte primaire éprouvante avec des challengers soutenus par Trump. Les électeurs ont dit aux reporters qu’ils s’attendaient à ce que Greene, qui a bâti un profil national en tant que fervente défenseure de Trump, reste au Congrès malgré sa récente rupture avec le président.
Une élection spéciale aura lieu en 2026 pour combler le reste du mandat de Greene après l’entrée en vigueur de sa démission, selon des reportages de WSB-TV et d’autres médias géorgiens. Selon la loi de Géorgie, le gouverneur émet un décret électoral pour fixer la date d’une élection spéciale à la Chambre des représentants des États-Unis, accordant généralement aux responsables locaux plusieurs semaines de préparation. Des stratèges politiques interrogés par WSB-TV ont indiqué que le scrutin interviendra probablement dans les semaines suivant son départ et pourrait se dérouler rapidement, avec un second tour possible si aucun candidat n’obtient la majorité.
Les dirigeants locaux du parti dans le comté de Paulding, un bastion républicain au sein du 14e district de Géorgie, ont déclaré à NPR qu’ils se préparent à un calendrier de campagne resserré. Ricky (Richard) Hess, président du Parti républicain du comté de Paulding, a dit que les mois à venir seront intenses alors que les candidats potentiels se lancent dans la course et que les officiels du parti travaillent à informer les électeurs, décrivant la période comme frénétique mais gérable si le processus se déroule sans accroc.
Les observateurs politiques estiment que le départ de Greene ne rendra pas nécessairement le district compétitif pour les démocrates, compte tenu de sa forte inclinaison républicaine, mais il ouvre une vacance rare dans un siège tenu par l’une des figures les plus en vue du GOP. Des stratèges cités par WSB-TV et Associated Press ont suggéré que le vainqueur de l’élection spéciale devra presque immédiatement se tourner vers la campagne pour l’élection régulière suivante, compte tenu de la courte fenêtre avant que le mandat complet de la Chambre ne soit à l’ordre du jour en novembre 2026.
Greene n’a pas annoncé de projets immédiats pour briguer un poste plus élevé. Des interviews récentes de NPR et de télévision locale ont relevé des spéculations sur d’éventuelles candidatures au poste de gouverneur, au Sénat américain ou à un autre rôle national, mais Greene n’a donné aucune indication ferme sur son prochain mouvement politique, déclarant aux interviewers qu’elle compte prendre du temps pour réfléchir à son avenir.
Dans ses commentaires publics, Greene a également exprimé une frustration plus large envers ce qu’elle a appelé un « complexe politico-industriel » à Washington. Elle a soutenu que les deux grands partis privilégient trop souvent les luttes internes de pouvoir et les récits médiatiques au détriment de ce qu’elle considère comme les préoccupations des électeurs de la classe ouvrière et moyenne de son district, affirmant que cette dynamique a contribué à sa décision de se retirer avant la fin de son mandat.