La commission ad hoc du Parlement sud-africain, chargée d'enquêter sur les allégations du commissaire de police du KwaZulu-Natal, Nhlanhla Mkhwanazi, concernant l'infiltration du système de justice pénale par un cartel de la drogue baptisé « Big Five », a clôturé les témoignages le 18 mars 2026 après cinq mois de travaux. Les débats ont été marqués par des moments surréalistes, incluant des références à des liftings brésiliens et des accusations personnelles entre députés et témoins. Un rapport final est attendu pour la fin du mois.
La commission ad hoc du Parlement a consacré environ cinq mois à entendre les témoignages de hauts gradés de la police, de fonctionnaires suspendus et de civils concernant des accusations selon lesquelles le cartel « Big Five » aurait infiltré le système de justice pénale, la sphère politique et le secteur de la sécurité privée en Afrique du Sud. La phase des auditions s'est conclue le mercredi 18 mars 2026, et un rapport final doit être rédigé et présenté à l'Assemblée nationale d'ici la fin du mois de mars 2026. Les séances, souvent retransmises en direct, duraient parfois plus de 10 heures, attirant une audience importante à l'approche des élections locales. Parmi les moments marquants, la députée d'ActionSA, Dereleen James, a interrogé l'ancien chef du service de surveillance de la police, Robert McBride, sur ses relations avec l'avocate Sarah-Jane Trent, s'exclamant : « Julle het die kat geknyp ! » (Vous avez pincé le chat). Mme James a également été la première à évoquer le « BBL » (Brazilian butt lift), en lien avec les affirmations du commissaire national adjoint suspendu, Shadrack Sibiya, selon lesquelles Vusimuzi « Cat » Matlala, membre présumé du cartel, aurait financé l'opération de l'officière Hilda Senthumule. Cette dernière a nié les faits, affirmant avoir elle-même payé sa liposuccion et son remodelage corporel, avant de faire un tour sur elle-même devant les députés en déclarant : « Les gens mouraient d'envie de voir ce BBL. Il est devenu un actif national. » Mkhwanazi a témoigné le dernier jour qu'il avait écarté Senthumule du renseignement criminel en 2012 pour une manipulation présumée de ressources et qu'il ne lui faisait pas confiance. La cheffe de la Direction d'enquête contre la corruption, Andrea Johnson, a rejeté les allégations de Mkhwanazi concernant une « structure malveillante » au sein de son unité, avertissant que « les confidences sur l'oreiller coûtent la vie aux gens », alors qu'elle était interrogée sur les liens de son mari avec le renseignement criminel. L'ancien ministre de la Police, Bheki Cele, a admis avoir séjourné dans le penthouse de Matlala à Pretoria à titre gracieux, en tant que retraité. Matlala a témoigné depuis la prison de Kgosi Mampuru, ce qui a conduit les députés à visiter l'établissement. Les témoignages ont révélé l'existence de deux factions au sein du Service de police sud-africain : les partisans des thèses de Mkhwanazi et ceux qui l'accusent de détourner l'attention du pillage des fonds secrets du renseignement criminel. Le sergent Fannie Nkosi est apparu comme un maillon clé, entretenant des liens avec des membres présumés du « Big Five » comme Matlala et Katiso « KT » Molefe, partageant des informations et recevant des paiements.