Le président Cyril Ramaphosa prononcera son discours sur l'état de la nation à Le Cap jeudi soir, depuis une position de force relative au sein de l'ANC et du gouvernement de coalition. Les récents améliorations économiques incluent la fin des coupures d'électricité et une amélioration de la notation de crédit, mais de nombreux Sud-Africains continuent de faire face à des pénuries d'eau, à la criminalité et à des services publics défaillants. Les analystes l'exhortent à relier ces avancées aux luttes quotidiennes et à esquisser des solutions concrètes.
Le président Cyril Ramaphosa s'apprête à prononcer le discours sur l'état de la nation (SONA) à Le Cap, mettant en lumière une période de stabilité économique inédite depuis plus d'une décennie. Eskom a mis fin aux coupures d'électricité malgré des problèmes dans certaines centrales, S&P Global a relevé la notation de crédit de l'Afrique du Sud, et le pays a été retiré plus tôt que prévu de la liste grise du Groupe d'action financière (Financial Action Task Force). L'économie affiche une croissance, avec des taux d'intérêt réduits et une inflation en baisse. Au sein de l'ANC, Ramaphosa n'a pas d'adversaires publics, et son rôle dans le gouvernement de coalition semble essentiel, comme l'ont montré ses interventions après les tensions budgétaires de l'année dernière. Cependant, ces avancées macroéconomiques contrastent fortement avec les difficultés quotidiennes. Les habitants de Johannesburg et de Tshwane ont récemment connu des coupures d'eau, tandis que la criminalité violente persiste, bien que la fin des coupures d'électricité ait pu contribuer à une baisse des meurtres. Les services publics dysfonctionnent souvent, avec des rapports sur des conditions déplorables dans les bâtiments gouvernementaux et dans le département de la santé du Gauteng, où la MEC a déclaré que certains patients « préfèrent dormir par terre ». L'économiste en chef de Standard Bank, Goolam Ballim, a noté la trajectoire ascendante de l'économie mais a souligné les défis persistants, y compris des protestations pour la fourniture de services au niveau similaire à celui d'il y a huit ans. Il a mis en avant des développements positifs comme l'ajout d'un million d'emplois formels depuis la pandémie et l'augmentation des investissements fixes dans les infrastructures. Ballim a insisté sur la nécessité de s'attaquer aux économies formelles et informelles, où des millions génèrent des revenus, plutôt que de se concentrer uniquement sur les chiffres officiels. Les dirigeants de l'ANC lors d'événements comme le SONA privilégient généralement les indicateurs formels, mais les experts suggèrent d'élargir le champ pour améliorer la vie dans tous les secteurs. Pour Ramaphosa, ce discours offre une occasion de reconnaître ces réalités et de proposer des solutions pour des problèmes comme les crises de l'eau municipales, les inefficacités policières – y compris les appels à destituer le commissaire national de police Fannie Masemola – et les maux du système de santé, au milieu des débats sur l'Assurance maladie nationale. Bien que les dynamiques politiques puissent limiter les actions audacieuses, comme des changements de Cabinet basés sur les conclusions de la Commission Zondo ou des interventions dans la santé de Johannesburg et du Gauteng, la nature rituelle du SONA occulte souvent les expériences vécues au profit d'un discours élitiste.