La Commission européenne a averti l'Espagne que la réduction de la TVA sur les carburants de 21 % à 10 % viole la directive européenne sur la TVA. Le gouvernement espagnol défend cette mesure en la qualifiant de temporaire, visant à atténuer la hausse des prix de l'énergie due à la guerre au Moyen-Orient. Bruxelles recommande plutôt de réduire les taxes spéciales sur les hydrocarbures.
La Commission européenne a envoyé une lettre le 28 mars à l'Espagne et à la Pologne leur rappelant que la directive sur la TVA ne permet pas d'appliquer un taux réduit sur les approvisionnements en carburant. "Dans cette lettre, nous rappelons aux autorités nationales que la directive sur la TVA ne prévoit pas la possibilité d'appliquer un taux réduit aux approvisionnements en carburant", a déclaré un porte-parole de l'UE à l'agence EFE. Cette baisse de la TVA fait partie du plan anti-crise du gouvernement espagnol annoncé fin mars, d'un montant d'environ 5 milliards d'euros, pour contrer la hausse des prix de l'énergie due à la guerre au Moyen-Orient. Des sources du ministère des Finances la défendent comme une mesure temporaire et non structurelle, tout en affirmant maintenir un dialogue constructif avec Bruxelles. La réduction de la TVA coûtera environ 507 millions d'euros jusqu'au 30 juin. L'Espagne a déjà réduit les taxes spéciales sur les hydrocarbures au minimum européen, avec des remises de 14,49 centimes par litre sur l'essence 98 et de 4,9 centimes sur le diesel. La Commission souligne que les mesures doivent être sélectives et temporaires, sans stimuler la demande en combustibles fossiles, et doivent privilégier la décarbonation. "Toute politique nationale efficace [...] doit s'aligner sur certains principes clés", a déclaré le commissaire Valdis Dombrovskis. Le week-end dernier, l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie, le Portugal et l'Autriche ont envoyé une lettre à Bruxelles pour demander l'instauration de taxes sur les bénéfices extraordinaires des entreprises énergétiques.