Le Sénat du Chili a approuvé en général mardi, par 24 voix contre 20, un projet de loi faisant de l'entrée clandestine dans le pays un délit. La mesure modifie la loi sur la migration et les étrangers, imposant des peines d'emprisonnement mineures et des amendes. Des amendements peuvent être déposés jusqu'au 28 mai.
Après que les commissions ont convenu de voter avec un quorum simple, le Sénat a approuvé le projet de loi pénalisant l'entrée irrégulière par un emprisonnement mineur au degré minimal (61 à 540 jours) et une amende de 5 à 10 UTM. La peine est portée à un emprisonnement mineur au degré moyen à maximal (541 jours à 5 ans) pour ceux qui entrent malgré une interdiction d'entrée active. La Chambre des députés l'avait adopté en janvier 2024 par 88 voix pour, 34 contre et 14 abstentions.
Le ministre de l'Intérieur Claudio Alvarado a salué cette approbation : « C'est un projet qui constitue sans aucun doute un outil pour faire face à l'urgence de l'irrégularité migratoire que nous avons connue ces dernières années dans notre pays. » Il a ajouté qu'il a un « caractère dissuasif » à titre préventif.
L'opposition a critiqué l'efficacité de la mesure. Le sénateur Pedro Araya (PPD) a fait valoir que « transformer une infraction administrative en délit ne renforce pas l'État, au contraire, il l'affaiblit. » Yasna Provoste (DC) a déclaré que le projet de loi pourrait inciter les personnes entrées clandestinement à « rester dans notre pays » plutôt que d'en partir.
Du côté du gouvernement, le sénateur Andrés Longton (RN) a défendu la pénalisation de l'infraction comme permettant des expulsions judiciaires « infiniment plus rapides que les expulsions administratives. » Cristián Vial (Ind. Rep) l'a qualifiée d'« avertissement juridique contre l'effet d'attraction. »