Le ministère de la Sécurité publique du Chili a élargi sa plainte contre trois étudiants de l'UACh inculpés pour l'agression en avril contre la ministre des Sciences Ximena Lincolao, en invoquant la loi sur la sécurité de l'État. Une mesure déclarée recevable par un juge dans un contexte de débats sur l'autorité du ministère.
Suite à la formalisation initiale des charges contre Pablo Vásquez, Joaquín Monje et María Jesús Madariaga pour atteinte à l'autorité (comme indiqué dans les précédentes mises à jour), le ministère de la Sécurité publique, représenté par les avocats Joaquín Pizarro et Vicente Canales, a déposé une plainte élargie en vertu de l'article 5(b) de la loi sur la sécurité de l'État. Les étudiants sont accusés de privation de liberté visant à troubler l'ordre public, en raison du blocage de près de deux heures de Lincolao dans l'Aula Magna, où des manifestants ont obstrué les sorties, projeté des liquides et l'ont bousculée.
L'élargissement de la plainte par la ministre Trinidad Steinert a été déclaré recevable le 22 avril par le juge Fabián Duffau du tribunal de Valdivia. Le gouvernement a également fait appel du refus initial de placement en détention provisoire.
La controverse entoure l'autorité de Steinert : l'article 26 de la loi limite l'engagement des poursuites au ministère de l'Intérieur, aux intendants régionaux ou aux parties lésées. Le sénateur Iván Flores (DC) a soutenu que Steinert ne dispose pas des compétences requises, un argument repris par l'ancien sous-secrétaire Rafael Collado, qui qualifie cette prérogative de "titre exclusif" du ministère de l'Intérieur.
Des sources exécutives défendent cette action en raison de son impact sur l'ordre public et de l'approbation judiciaire. Le sénateur Arturo Squella (Parti républicain) a critiqué Flores pour s'être opposé à une mesure judiciaire jugée recevable, l'accusant de prendre parti pour les agresseurs. La défense pourrait contester la légitimité du ministère devant le tribunal.