Le gouvernement chilien renforce sa position visant à interdire la gratuité universitaire aux étudiants condamnés pour des crimes graves, dans le cadre du projet de loi Escuelas Protegidas, au milieu d'un débat houleux sur sa constitutionnalité et son impact sur la réinsertion sociale.
Le projet de loi « Escuelas Protegidas », signé mardi par le président José Antonio Kast, vise à lutter contre la violence scolaire par le biais de mesures de sécurité. Son sixième article stipule que pour accéder à la gratuité universitaire, les bénéficiaires ne doivent pas avoir été condamnés par une sentence définitive pour des crimes contre la vie, l'intégrité physique ou psychique, les biens ou les infrastructures publiques. La porte-parole du gouvernement, Mara Sedini, a défendu l'initiative vendredi depuis Ñuble, citant des incidents comme la mort d'un inspecteur à Calama il y a une semaine et l'agression contre la ministre des Sciences Ximena Lincolao à l'Universidad Austral de Valdivia. « Il n'est pas logique qu'ils reçoivent des avantages payés par nous tous après avoir commis des crimes », a déclaré Sedini, soulignant l'équilibre entre droits et devoirs. Le groupe parlementaire du parti Republicanos a appelé à une discussion immédiate et a critiqué le Parti communiste pour l'avoir prétendument retardée. Le maire de Ñuñoa, Sebastián Sichel, a soutenu la restriction de la gratuité mais a privilégié une « boîte à outils » de mesures flexibles plutôt que des mandats uniformes, comme l'installation de détecteurs de métaux dans toutes les écoles. Les universitaires sont divisés : Emilio Oñate de l'Universidad Central qualifie cela de « double sanction » inconstitutionnelle entravant la réinsertion, tandis que Joaquín Palma de l'Universidad Finis Terrae soutient que la gratuité est un avantage étatique configurable et non un droit absolu. Parallèlement, la Superintendencia de Educación a publié un guide pratique proposant des mesures telles que des comités de sécurité, le renforcement de la santé mentale et des contrôles d'accès. La surintendante par intérim, Pamela Adriazola Rojas, a souligné : « La sécurité et le bien-être des élèves et des équipes sont une priorité absolue. »