L'inscription d'un comité promoteur pour une assemblée constituante nationale auprès de la Registraduría a ravivé un débat que la Colombie croyait clos. Portée par le gouvernement du président Gustavo Petro, l'initiative vise à modifier les règles institutionnelles malgré des engagements antérieurs à respecter la Constitution de 1991. Les critiques mettent en garde contre une possible réélection présidentielle et une atteinte à la démocratie.
Cali, 27 décembre 2025. Le 27 décembre 2025, le Registre national de Colombie a reçu l'inscription d'un comité promoteur pour convoquer une assemblée constituante nationale, ravivant un débat politique controversé. Selon un éditorial du journal Occidente, cette démarche du gouvernement de Gustavo Petro relance l'idée de modifier les institutions, contredisant les promesses de campagne du président de respecter la Constitution de 1991 et de ne pas pousser pour une assemblée constituante.
Les promoteurs invoquent un «blocage institutionnel» entravant les réformes clés. Cependant, l'éditorial argue que ce récit manque de fondement : dans une démocratie avec des contrôles et contrepoids, le Congrès a approuvé certaines initiatives, comme la réforme du travail, tout en rejetant d'autres en raison de leur impact fiscal et du manque de ressources viables. «Certaines réformes du gouvernement actuel ont avancé, comme celle du travail, et d'autres non, non pas à cause d'un blocage, mais parce que le pouvoir législatif les a jugées inappropriées», indique le texte.
La principale préoccupation est le risque de permettre la réélection présidentielle, vue comme un mécanisme néfaste. Bien que Petro ne l'admette pas ouvertement, «l'insistance de son entourage politique alimente le soupçon que tel est le véritable objectif», note l'éditorial. Les porte-parole du pétrisme promeuvent déjà l'idée comme une issue politique.
Le journal conclut que la Colombie n'a pas besoin d'une assemblée constituante pour traiter les problèmes structurels, mais d'un gouvernement responsable gérant rigoureusement les ressources publiques et respectant les règles démocratiques. Pour le prochain président, au milieu des élections de 2026, la priorité doit être de renforcer les institutions sans raccourcis perpétuant des projets politiques.