Après la déclaration du président Gustavo Petro d'une urgence économique et sociale de 30 jours, le Sénat colombien a approuvé la convocation de tous les ministres à un débat de contrôle politique le 29 décembre. La session hybride, prévue en pleine récession législative, vise à examiner la crise fiscale et les implications du décret après le rejet des réformes fiscales par le Congrès.
Dans la continuité des tensions autour des défis fiscaux de la Colombie, le Sénat de la République a tenu une session virtuelle extraordinaire le 26 décembre 2025 —pendant la récession législative de fin d'année— pour approuver une convocation de tous les ministres à un débat de contrôle politique. Proposée par le sénateur Carlos Fernando Motoa (Cambio Radical), la session est prévue pour le dimanche 29 décembre à 10 h 00 au format hybride.
Cela fait suite au décret 1390 du président Gustavo Petro du 24 décembre, qui a déclaré l'urgence pour faire face à un déficit budgétaire de 16,3 billions de dollars après que le Congrès a torpillé des projets de financement. Le débat examinera la nécessité du décret et les retombées des réformes fiscales avortées.
La proposition a reçu un large soutien bipartisan, y compris des conservateurs, du Centro Democrático et même de la sénatrice du Pacto Histórico Isabel Cristina Zuleta, qui a noté qu'elle clarifierait la situation fiscale et les manques à gagner en recettes. Motoa a souligné : « Le contrôle politique n'a pas de récession. C'est une fonction constitutionnelle permanente », critiquant la normalisation des urgences au milieu de l'impasse législative.
Le sénateur Efraín Cepeda a remis en question la base du décret, arguant qu'aucun événement imprévu ne le justifiait. Le président du Sénat Lidio García Turbay a défendu l'indépendance législative, contredisant les affirmations du ministre de l'Intérieur Armando Benedetti en citant l'article 215 de la Constitution pour les sessions extraordinaires.
Des figures du gouvernement, comme le ministre du Travail Antonio Sanguino, ont critiqué la précipitation de la convocation et le rôle de García. Ces échanges soulignent les affrontements croissants entre l'Exécutif et le Législatif, avec des implications pour l'examen du décret par la Cour constitutionnelle en janvier 2026.