Le chroniqueur Wilson Ruiz Orejuela critique l’utilisation par le gouvernement colombien du décret d’urgence économique, arguant qu’il ne provient pas d’une crise imprévue mais d’échecs de gestion politique et fiscale. Il affirme que cette mesure érode les institutions et crée une incertitude juridique. L’article, publié le 23 décembre 2025, met en garde contre les risques de concentration du pouvoir dans l’exécutif.
Dans sa chronique intitulée « Quand gouverner échoue, le décret apparaît », publiée sur occidente.co le 23 décembre 2025, Wilson Ruiz Orejuela examine la déclaration d’urgence économique de la Colombie comme une mesure désespérée du gouvernement. Selon l’auteur, elle ne résulte pas d’un « effondrement externe ou d’une situation imprévisible », mais d’un « désordre fiscal », d’une « perte de confiance » et d’une « incapacité évidente à obtenir des majorités au Congrès ».
Ruiz Orejuela argue que l’exécutif recourt au décret parce qu’il a perdu « direction, soutien politique et capacité à gouverner démocratiquement ». Il décrit le mécanisme comme « juridiquement fragile », le gouvernement étant conscient que la Cour constitutionnelle pourrait l’annuler, mais l’utilisant pour « imposer des décisions économiques ». Cela, dit-il, envoie un message politique clair et a un impact économique immédiat.
Le chroniqueur pointe une contradiction clé : le gouvernement reconnaît des problèmes fiscaux structurels mais les présente comme une « urgence imprévue ». « Ces deux affirmations ne peuvent pas être vraies en même temps », écrit-il, soulignant que les problèmes structurels exigent des réformes sérieuses, non des mesures exceptionnelles. À ses yeux, cette approche est de « l’improvisation » qui rompt l’équilibre des pouvoirs, réduit le Congrès à un « acteur décoratif » et érode l’État de droit.
Par ailleurs, Ruiz Orejuela met en garde contre la création d’une « incertitude juridique qui effraie les investissements » et renforce l’idée que les règles changent selon la convenance gouvernementale. La mesure n’inclut ni « ajustement des dépenses, ni réduction de l’État, ni autocritique », mais plutôt « plus d’impôts et plus de pouvoir concentré » dans l’exécutif. Il conclut que gouverner doit consister à « anticiper, dialoguer et respecter les limites du pouvoir », et que confondre autorité et imposition aggrave les problèmes fiscaux au lieu de les résoudre.