Les commerçants éthiopiens transforment le Jeppe de Johannesburg en ville portuaire animée

Un nouveau livre de la Dre Tanya Zack met en lumière la manière dont les migrants éthiopiens ont transformé le quartier Jeppe du centre-ville de Johannesburg en un hub commercial transfrontalier florissant. Surnommé le Chaos Precinct par les responsables, cet écosystème informel génère un chiffre d'affaires annuel deux fois supérieur à celui de Sandton City. La zone sert d'entrepôt vital pour la fast fashion et les biens de consommation provenant de Chine et distribués dans toute l'Afrique australe.

Le livre de la Dre Tanya Zack, The Chaos Precinct: Johannesburg as a Port City, explore la transformation de Jeppe dans le district central des affaires de Johannesburg. Concentré autour des rues Lilian Ngoyi et Rahima Moosa, la zone fonctionne comme un réseau commercial dense dirigé par des Éthiopiens, souvent appelé Little Addis par les locaux, bien que Zack note qu'il manque de charme exotique. Les responsables municipaux le désignent informellement comme le Chaos Precinct, tandis que les commerçants le connaissent simplement comme Jeppe. Les immigrants éthiopiens opèrent des milliers de petites entreprises informelles dans des bâtiments de bureaux et médicaux reconvertis, y compris des sites comme Marble Towers, propriété de Baba Ahmadou Danpullo, et l'hôtel abandonné Kwadukuza Egoli Hotel Tower, anciennement le Johannesburg Sun. Ces commerçants se spécialisent dans la fast fashion et les biens de consommation tels que vêtements, chaussures, articles ménagers et cosmétiques, importés de Chine. Les marchandises sont ensuite vendues à des acheteurs transfrontaliers de pays incluant le Zimbabwe, le Malawi, le Botswana et le Mozambique, créant un hub transnational semblable à un port. Une promenade dans la zone révèle des rues bondées, des ruelles et des arcades comme Small Street Mall, l'ancienne poste de Jeppe Street, et Main Street Mall, remplies de petites boutiques affichant une gamme de produits allant des jeans aux parfums. Les acheteurs, arrivant en bus et en taxi, dépensent 10 milliards de rands par an ici. Les commerçants font face à des défis comme la criminalité, le harcèlement policier et des règlements restrictifs, avec des cas de fermetures précipitées de boutiques avant des raids annoncés de manière officieuse. Zack, qui a passé 15 ans à étudier la zone, la décrit comme un hub dynamique favorisant l'entrepreneuriat. « Jeppe est un hub dynamique et exubérant qui favorise l'entrepreneuriat », écrit-elle. « Des fortunes sont faites, des proches au pays sont soutenus et des marchandises – particulièrement la fast fashion – circulent dans toute l'Afrique australe. » Le livre remet en question les récits de déclin du centre-ville, en soulignant la résilience face à la brutalité policière et aux risques de la migration, et inclut des histoires venues d'Éthiopie sur la facilitation de ces voyages. Publié par Jacana Media pour 420 rands, l'ouvrage s'appuie sur des conversations avec des commerçants, des responsables et des universitaires pour reformuler la compréhension du commerce informel dans les villes africaines.

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