La ministre allemande de la Santé, Nina Warken (CDU), a défendu son projet de mesures d'économie, qui prévoit une augmentation de la charge financière pour les résidents des maisons de retraite. Lors d'une émission sur ntv, elle a admis imposer des coupes budgétaires aux citoyens, tout en considérant les critiques généralisées comme la preuve d'un certain équilibre. Le projet doit être présenté au Conseil des ministres le 29 avril.
Nina Warken a présenté la semaine dernière un projet de mesures d'économie visant à alléger les caisses d'assurance maladie obligatoires de 19,6 milliards d'euros d'ici 2027. Ce montant dépasse le déficit prévu de 15 milliards d'euros et vise à éviter une hausse des cotisations additionnelles. Les mesures comprennent des plafonds de dépenses pour les cabinets médicaux, les hôpitaux et les produits pharmaceutiques, ainsi qu'une hausse des participations forfaitaires pour les médicaments et des restrictions sur l'assurance gratuite pour les conjoints.
Dans le cadre de la réforme des soins de longue durée, les subventions pour le reste à charge des résidents en EHPAD augmenteront plus lentement, et la reconnaissance de la perte d'autonomie ou l'attribution aux niveaux de soins inférieurs deviendront plus strictes. Selon le RedaktionsNetzwerk Deutschland (RND), qui cite des sources au sein de la coalition, cette mesure vise à réduire le nombre de personnes reconnues comme dépendantes et à combler les déficits de l'assurance dépendance.
Dans l'émission « Pinar Atalay » sur ntv, Warken a déclaré : « J'impose quelque chose aux gens ». Elle considère les critiques généralisées comme un signe que sa proposition « se situe relativement au milieu et touche tout le monde ». Selon elle, les citoyens sont conscients que des changements impliquant des coupes sont nécessaires. Concernant la limitation du dépistage du cancer de la peau aux seuls groupes à risque, elle a précisé qu'il s'agissait d'un ciblage et non d'une suppression.
Les critiques proviennent de l'opposition, des associations et des partenaires de la coalition. La Société hospitalière allemande a qualifié ces plans d'« outrageants, irréalistes et extrêmement dangereux pour la prise en charge des soins en Allemagne ». Le SPD, les Verts et le parti de la Gauche ont exprimé leur désapprobation, et certains membres de la CDU ont jugé les propositions intenables.