Le président Cyril Ramaphosa a félicité la South African National Defence Force (SANDF) pour le soutien apporté à la police dans ses efforts de lutte contre la criminalité, qualifiant leur performance de "travail fantastique". Ces propos s'inscrivent dans le cadre des déploiements en cours pour lutter contre la criminalité violente au sein des communautés. Le commentateur Stephen Grootes met en garde contre le fait qu'une telle implication militaire risque de saper la légitimité de l'État.
La semaine dernière, le président Cyril Ramaphosa s'est adressé au Parlement pour faire l'éloge des contributions de la SANDF aux opérations de lutte contre la criminalité. Il a déclaré : "Cette fois-ci, nous avons tellement développé les capacités de nos forces de défense qu'elles construisent des ponts, sauvent des personnes en danger. Elles apportent également leur soutien à la police". M. Ramaphosa a souligné que les forces de défense étaient bien équipées et performantes, le coût de l'opération étant estimé à 823 millions de rands. Ce déploiement répond à la grave criminalité qui frappe les communautés sud-africaines, où les habitants sont confrontés à la violence quotidienne des gangs qui contrôlent les rues. Nombreux sont ceux qui se félicitent de l'aide militaire, compte tenu des difficultés rencontrées par la police. Toutefois, l'analyse de Stephen Grootes dans Daily Maverick affirme que cette aide brouille les frontières entre les rôles des forces de l'ordre et des militaires, ce qui risque d'éroder le monopole de l'État sur la violence légitime. Grootes cite les défis de la SANDF, y compris les descriptions de John Stupart comme "en chute libre vers l'obsolescence", les budgets inchangés selon DefenceWeb, et les vulnérabilités démontrées à Goma, en RDC. Les incidents passés, tels que la mort de Collins Khosa à Alexandra à l'époque de Covid-19 par des membres de la SANDF à cause d'une bouteille de bière, soulèvent des inquiétudes quant à la répétition de ces incidents, qui seront probablement filmés publiquement. Des allégations récentes concernent 12 membres des forces spéciales de la SANDF accusés d'avoir tué l'enquêteur de Hawks Frans Mathipa, la SANDF prenant en charge les frais de justice et promouvant le chef de l'unité. Deux généraux sont accusés d'avoir pillé les fonds des soldats, selon Rapport, sous la direction du général en chef Rudzani Maphwanya. M. Grootes met en garde contre des risques tels que des soldats perdant des échanges de tirs au profit de criminels, filmés en vidéo, portant atteinte à l'autorité de l'État, ou des troupes devenant prédatrices en raison d'un manque de leadership et de ressources.