Les habitants de Tiryville, à Kariega, sont privés d'eau courante depuis près de deux mois, ce qui les oblige à parcourir des kilomètres pour s'approvisionner. La municipalité de Nelson Mandela Bay attribue ce problème aux installations de traitement des eaux de Nooitgedagt, tandis que la Commission sud-africaine des droits de l'homme a ouvert une enquête.
Depuis près de deux mois, les robinets de Tiryville, un quartier de maisons RDP surplombant Kariega dans la région de Nelson Mandela Bay, sont à sec. Des habitants comme Marie Fleurs ont décrit les difficultés rencontrées : "Nous ne pouvons même pas cuisiner correctement. Je ne me souviens même pas de la dernière fois où j'ai fait la lessive". Elle ajoute : "C'est vraiment inhumain de vivre comme ça". Les familles, dont sept personnes dans le foyer des Fleurs, parcourent plus d'un kilomètre pour aller chercher de l'eau dans des régions comme la Laponie ou dans les fermes voisines, en tirant des seaux sur des chemins escarpés. Marius Fleurs note qu'ils recyclent l'eau de vaisselle pour alimenter les toilettes. Wendolene Bekkers parcourt près d'un kilomètre par jour pour subvenir aux besoins de sa famille, n'ayant pas les moyens d'acheter de l'eau. Joseph Majoor utilise une brouette pour se rendre en Laponie, ce qui souligne les difficultés rencontrées par les personnes âgées et les malades qui ont besoin d'eau pour leurs médicaments. Selon les habitants, les camions-citernes municipaux n'arrivent que rarement. C'est pourquoi Gift of the Givers a fourni des camions-citernes et installé des réservoirs JoJo de 2 500 litres pour faciliter l'accès à l'eau. Ali Sablay, de l'organisation, a déclaré que les habitants n'avaient eu de l'eau que six semaines avant leur intervention. Sithembiso Soyaya, porte-parole de la municipalité, a expliqué que les coupures sont dues à la réduction de la production de la station de traitement des eaux de Nooitgedagt en raison d'une turbidité élevée de l'eau brute, de coupures d'électricité, de baisses de tension et d'une augmentation de la demande. Cette situation affecte Kariega, Despatch, KwaNobuhle, Chatty et Bloemendal. Une pompe supplémentaire est en ligne et la stabilisation complète est attendue d'ici une à deux semaines, bien que la flotte de camions-citernes soit limitée. Lors d'une visite, Retief Odendaal, candidat à la mairie, a parlé d'une "crise de l'eau provoquée par l'homme". La Commission sud-africaine des droits de l'homme, par l'intermédiaire du Dr Eileen Carter, responsable de la province du Cap-Oriental, a ouvert une enquête, citant l'article 27(1)(b) de la constitution sur le droit à une eau suffisante.