Dans la dernière escalade des tensions autour de la nouvelle offensive du président américain Donald Trump pour acquérir le Groenland, le vice-président JD Vance a exhorté jeudi les dirigeants européens à prendre ces déclarations au sérieux pour des raisons de sécurité nationale. Cela fait suite à une déclaration commune du 6 janvier de plusieurs nations européennes soutenant l’autodétermination du Danemark et du Groenland.
L’intérêt de l’administration Trump pour le Groenland s’est intensifié depuis début janvier 2026, lorsque le président Trump a réitéré l’importance stratégique de l’île au milieu des rivalités arctiques. Jeudi 8 janvier, le vice-président américain JD Vance a averti les chefs d’État européens lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche : « Mon conseil aux chefs d’État et de gouvernement européens et à tous les autres serait de prendre au sérieux le président des États-Unis. » Trump avait réaffirmé sa position dimanche dernier, déclarant : « Nous avons besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale », et ajoutant : « Parlons du Groenland dans 20 jours. » Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé une réunion sur le Groenland la semaine prochaine, bien que les détails restent secrets. Cela intervient après une déclaration commune mardi 6 janvier des dirigeants de France, Allemagne, Italie, Pologne, Espagne, Royaume-Uni et de la première ministre danoise Mette Frederiksen, réaffirmant que l’avenir du Groenland appartient à son peuple et au Danemark. Mardi, le chancelier allemand Friedrich Merz (CDU) a soutenu le Danemark, tandis que le Premier ministre britannique Keir Starmer s’est entretenu directement avec Trump mercredi, réitérant la position de Londres. Les tensions sont exacerbées par l’action militaire récente des États-Unis au Venezuela, où des forces ont capturé le président Nicolás Maduro, alimentant les craintes que Trump n’entreprenne des actions agressives sur l’île riche en ressources. Les alliés européens insistent sur le fait que seuls les Groenlandais et le Danemark détiennent les droits de souveraineté. Historiquement, l’offre du président américain Harry Truman en 1946 d’acheter le Groenland pour 100 millions de dollars en or a été rejetée. Aujourd’hui, les estimations vont de 12,5 à 77 milliards de dollars, ou plus d’un trillion incluant les ressources. Les sondages montrent une forte opposition groenlandaise à une annexion américaine. Les États-Unis maintiennent la Pituffik Space Base en vertu d’un accord de défense de 1951. Le Premier ministre du Groenland Jens-Frederik Nielsen a appelé à la coopération mais rejeté toute saisie, reprenant les avertissements de Frederiksen sur l’OTAN.