Amélie de Montchalin, nouvellement nommée première présidente de la Cour des comptes, a annoncé s’abstenir de participer aux délibérations sur l’exécution du budget 2025. Cette décision intervient après une nomination controversée par le président Emmanuel Macron le 11 février. Par ailleurs, David Amiel lui succède au ministère de l’action et des comptes publics.
Amélie de Montchalin a pris ses fonctions de première présidente de la Cour des comptes le lundi 23 février 2026. Dans un communiqué publié ce jour-là, l’institution a indiqué que « la première présidente a décidé de s’abstenir de participer aux délibérés relatifs aux travaux portant sur l’exécution du budget de l’Etat et de la Sécurité sociale pour 2025 et sur la certification des comptes 2025 ainsi qu’aux rapports concernant les organismes sur lesquels elle a exercé une autorité au cours des trois dernières années ».
Sa nomination, décidée par le président de la République le 11 février, a suscité une vive polémique. L’opposition a dénoncé un conflit d’intérêts, la ministre sortante devant se prononcer sur le déficit public et les choix budgétaires d’un gouvernement dont elle faisait partie. Avant cela, Amélie de Montchalin avait occupé les postes de secrétaire d’État aux affaires européennes, ministre de la fonction publique et ministre de la transition écologique, qu’elle avait quitté après sa défaite aux élections législatives de 2022.
Concernant le budget 2026, qu’elle a élaboré en tant que ministre, aucune annonce spécifique n’a été faite. La Cour des comptes a simplement précisé qu’en application de l’article L. 120-10 du code des juridictions financières, Amélie de Montchalin a remis sa déclaration d’intérêts au collège de déontologie.
Parallèlement, David Amiel, 33 ans, a été nommé dimanche 22 février au ministère de l’action et des comptes publics, succédant à Amélie de Montchalin. Âgé de 33 ans, ce fidèle du macronisme, formé à l’École normale supérieure et à l’université de Princeton, rejoignait Emmanuel Macron en 2015 comme stagiaire à son cabinet. Il occupait depuis octobre 2025 le poste de ministre délégué chargé de la fonction publique et de la réforme de l’État, sous l’autorité d’Amélie de Montchalin.
Cet ajustement gouvernemental, annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, est retardé au plus tôt jusqu’au mercredi 25 février en raison de la période de réserve pour les élections municipales et d’une motion de censure attendue du Rassemblement national sur la programmation pluriannuelle de l’énergie.