L'Assemblée nationale a rejeté deux motions de censure déposées par la gauche hors PS et par le RN, permettant l'adoption définitive du budget de l'État pour 2026. Le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est félicité de ce compromis parlementaire, obtenu après trois mois de débats et l'usage du 49.3. Le texte, qui cible un déficit de 5 %, devra encore passer devant le Conseil constitutionnel.
Le lundi 2 février 2026, l'Assemblée nationale a mis fin à un marathon parlementaire de trois mois en rejetant deux motions de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu. La première, déposée par la gauche hors Parti socialiste (PS), a recueilli 260 voix pour, loin des 289 requises. La seconde, du Rassemblement national (RN) et alliés, n'a obtenu que 135 suffrages. Ces rejets ont validé l'adoption du projet de loi de finances pour 2026, malgré trois recours à l'article 49.3 pour forcer son passage, en dépit d'une promesse initiale de s'en abstenir.
Sébastien Lecornu, Premier ministre, a salué sur X : « La France a enfin un budget », un texte « résultat d’un compromis parlementaire, intégrant des amendements de tous les groupes ». Il a souligné qu'il « contient la dépense publique » et « n’augmente pas les impôts pour les ménages et les entreprises », tout en assumant « des choix clairs et des priorités essentielles ». Le gouvernement saisira le Conseil constitutionnel pour vérifier sa conformité. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a défendu le budget comme « utile aux Français dès aujourd’hui », sans lien avec la présidentielle de 2027.
Les oppositions ont critiqué le texte. Jordan Bardella, président du RN, l'a qualifié de « budget qui dégouline d’impôts », augmentant les prélèvements de près de 30 milliards d'euros et taxant les entreprises. Mathilde Panot, cheffe des Insoumis, a dénoncé la fin de l'alliance avec le PS, voyant dans ce vote un soutien au gouvernement Macron. Clémence Guetté (LFI) a regretté l'échec à bloquer ce « budget Hollande-Lecornu », avec des « milliards de coupes budgétaires » via une alliance PS-Macronie.
La présidente de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a évité de parler de victoire : « Le Parlement a doté le pays d’un budget qui assure la stabilité », grâce à des efforts de compromis. Le budget prévoit un déficit à 5 % du PIB, une prolongation de la contribution différentielle sur les hauts revenus, des taxes sur les petits colis et les pourboires, ainsi qu'une hausse des dépenses publiques par rapport à 2025, notamment sociales et locales. Malgré des économies annoncées, des analystes comme Moody’s prévoient un déficit autour de 5,2 %. Ce compromis avec le PS a permis d'éviter une censure, mais laisse des tensions pour les municipales de mars.