Le premier ministre français Sébastien Lecornu a engagé la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du budget 2026, en recourant pour la première fois à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution. Cette mesure, première d'une série de trois, intervient après plus de 350 heures de débats bloqués à l'Assemblée nationale. Les oppositions de gauche et d'extrême droite préparent des motions de censure, mais les socialistes et Les Républicains s'abstiendront.
Le mardi 20 janvier 2026, devant un hémicycle clairsemé de l'Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a officialisé le recours à l'article 49 alinéa 3 pour faire adopter sans vote la partie recettes du projet de loi de finances 2026. « Le Parlement ne pouvant prendre sa responsabilité jusqu’au bout de donner un budget à la nation à cause d’agissements de différents groupes politiques (…) qui devront en rendre compte devant les Français, le gouvernement engage sa responsabilité », a déclaré le premier ministre, exprimant son amertume et ses regrets de revenir sur sa promesse d'automne 2025 de ne pas utiliser cet outil.
Ce choix, qualifié de « plus respectueux du Parlement » par la porte-parole Maud Bregeon, survient après l'échec d'un compromis malgré des concessions obtenues, notamment auprès du Parti socialiste (PS). Ce dernier voit dans le budget des avancées comme la suppression du gel du barème de l'impôt sur le revenu, la hausse de la prime d'activité pour les salariés modestes et la généralisation des repas à 1 euro pour les étudiants. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a confirmé sur France Inter : « Nous ne censurerons pas le gouvernement ». De même, les Républicains (LR), bien que critiques d'un budget « imparfait » menant à un déficit de 5 % du PIB au lieu de 4,7 %, ne voteront pas les motions, selon Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau.
En réaction, La France insoumise (LFI), le groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR, communistes), les Écologistes et le Rassemblement national (RN) avec l'Union des droites pour la République ont déposé des motions de censure. Éric Coquerel (LFI) a fustigé « un budget de coupes budgétaires, (…) un budget d’inégalité (…) qui ne répond pas aux besoins des Français ». Ces motions devraient être examinées vendredi, mais leur adoption semble compromise sans le soutien du PS et de LR. Emmanuel Macron a salué un budget qui « permet de contenir le déficit à 5 % » et « permet au pays d’avancer ». Lecornu prévoit d'activer à nouveau le 49.3 vendredi pour la partie dépenses, visant une promulgation avant mi-février.