Le 13 janvier 2026, l'Assemblée nationale a repris l'examen du projet de loi de finances pour 2026, après l'échec d'un accord en commission mixte paritaire en décembre. Le ministre de l'Économie Roland Lescure a assuré que le texte est « à portée de main », appelant à un dernier effort pour un compromis. Cependant, peu de députés croient à une adoption sans recours à l'article 49.3 ou à des ordonnances.
Mardi 13 janvier 2026, l'Assemblée nationale a entamé une nouvelle lecture du projet de loi de finances pour 2026, dans un climat de scepticisme. Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, s'est adressé aux députés pour une allocution de cinq minutes, affirmant : « Le budget est à portée de main ». Il a insisté sur l'urgence d'un accord sur le fond, déclarant : « L’urgence est de s’accorder sur le fond, un dernier effort est nécessaire : une grande partie d’entre vous souhaite y arriver. Mettons-nous d’accord, réduisons les dégâts, et permettons à la France d’avancer ».
Cette session fait suite à l'échec des négociations en commission mixte paritaire en décembre, et à un rejet en commission le 10 janvier après près de trente heures de discussions. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a souligné qu'après « des centaines d’heures de débats » et l'examen de « plusieurs milliers d’amendements », il est temps de conclure. Elle a identifié trois grands sujets prioritaires : le financement des collectivités territoriales, les dépenses d'avenir (enseignement, recherche, transition écologique, logement) et le pouvoir d'achat pour protéger les plus modestes.
Le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, tente des gestes pour débloquer la situation. Lors d'une réunion à Bercy le 12 janvier, il a proposé de taxer davantage les grandes entreprises et de renoncer à une hausse de 50 % des tarifs de renouvellement des cartes de séjour. Cependant, les négociations n'ont pas abouti, les communistes et les écologistes étant absents, et la droite restant ferme sur ses positions, selon le rapporteur général Philippe Juvin (Les Républicains).
En soirée, les députés ont voté, contre l'avis du gouvernement et sur initiative de La France insoumise, l'indexation de la dotation globale de fonctionnement des collectivités sur l'inflation, ce qui entraînerait une augmentation de 1,3 % en 2026, soit 248 millions d'euros supplémentaires. Lescure a jugé les discussions récentes « extrêmement utiles », se disant convaincu d'un compromis similaire à celui du projet de loi de financement de la Sécurité sociale adopté en décembre. Le texte final viserait à limiter le déficit public à 5 % du PIB maximum, en partageant l'effort entre les acteurs économiques.
Malgré l'optimisme affiché, l'opposition du Rassemblement national, de La France insoumise, des écologistes et des communistes persiste, rendant improbable un vote sans mesures exceptionnelles. L'hémicycle a toutefois rejeté une motion de rejet préalable défendue par La France insoumise, permettant la poursuite des débats qui pourraient s'étirer jusqu'à fin janvier.