L'Assemblée nationale a rejeté quasi unanimement la partie recettes du projet de budget 2026 dans la nuit du vendredi 22 au samedi 23 novembre 2025, envoyant le texte au Sénat sans examiner les dépenses. Le gouvernement espère un compromis, mais l'hypothèse d'une loi spéciale reconduisant le budget 2025 gagne du terrain pour éviter un défaut de paiement. Des figures de l'opposition, comme Sarah Knafo, la préfèrent à la version amendée par les députés.
Dans une Assemblée fragmentée par les élections législatives de 2024, les groupes de gauche et le Rassemblement national ont voté contre la partie recettes du projet de loi de finances pour 2026, tandis que le camp gouvernemental s'est divisé entre votes contre et abstentions. Seule une voix sur 577 s'est prononcée en faveur, marquant un rejet inédit à l'unanimité quasi totale. Le texte, amendé par des centaines de propositions fiscales – comme la taxe Zucman ou un impôt sur la fortune improductive –, est transmis au Sénat ce mardi 25 novembre, où les débats sur les recettes débutent lundi à la commission des Finances.
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, et la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, affichent un optimisme prudent. Invitée sur LCI/Le Parisien ce dimanche 23 novembre, Amélie de Montchalin a déclaré croire à un «compromis possible», citant le vote favorable sur les recettes du budget de la Sécurité sociale. Elle rejette l'usage du 49.3 ou des ordonnances, opposé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, et qualifie la loi spéciale de «parachute de dernier ressort» pour éviter un «défaut» de paiement de l'État et des collectivités, permettant de continuer à percevoir les impôts existants sans nouvelles économies ni investissements.
Cette option est privilégiée par des oppositions. Le président LFI de la commission des Finances de l'Assemblée, Éric Coquerel, la juge «la plus probable». Bruno Retailleau (LR) y est favorable, la préférant à un budget «appauvrissant les Français». Sarah Knafo (Reconquête), eurodéputée invitée du Grand Jury RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat, reconnaît que cette issue s'impose «malheureusement». Elle estime que, compte tenu de la multiplication des taxes, les «budgets précédents», «bien qu'affreux et indignes de notre économie», restent «toujours préférables à celui de l’année d’après». Elle ironise sur l'accord de tous pour créer de nouvelles taxes et propose un contre-budget : 80 milliards d'euros d'économies, assortis d'une baisse de 20 milliards des prélèvements obligatoires, en ciblant l'aide au développement, les prestations non contributives aux étrangers (RSA, aides au logement), le soutien aux éoliennes, la politique de la ville et des agences comme l'Ademe, France Travail ou l'Arcom. «Dépenser moins pour pouvoir taxer moins pour que les Français et les entreprises gagnent plus», plaide-t-elle.