L'Assemblée nationale reprend jeudi l'examen du projet de loi de finances pour 2026, après l'adoption d'une loi spéciale fin décembre. Les députés s'attendent à ce que le Premier ministre Sébastien Lecornu recoure à l'article 49.3 pour faire adopter le texte, tandis que le PS négocie sans intention de voter pour.
Après l'échec de l'adoption du projet de loi de finances pour 2026 en décembre 2025, l'Assemblée nationale a voté à l'unanimité une loi spéciale minimaliste le 23 décembre, pour la deuxième année consécutive. Les débats reprennent ce jeudi en commission des finances au Palais Bourbon, mais les députés ne comptent pas approuver le texte, quel qu'en soit le contenu. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui avait promis de ne pas utiliser l'article 49.3 pour les lois budgétaires, fait face à un dilemme : respecter son engagement au risque de priver la France d'un budget, ou l'activer pour imposer un texte contesté.
Le gouvernement espère un accord rapide avec les socialistes, qui adoptent une stratégie d'«opposition responsable» pour peser sur des mesures comme la prime d'activité ou la suppression de 4 000 postes d'enseignants. Des réunions ont eu lieu pendant la trêve des confiseurs, notamment entre la ministre Amélie de Montchalin et les députés PS Estelle Mercier et Philippe Brun, ainsi que des échanges avec Olivier Faure et Boris Vallaud. Les socialistes, qui ont obtenu des avancées sur le PLFSS avant Noël, prévoient au mieux de s'abstenir, sans vote favorable.
À Bercy, les discussions ont duré plus de quatre heures mardi, identifiant des convergences sur la taxe sur les holdings ou le fonds vert, mais l'ampleur des économies nécessaires – 12 à 15 milliards d'euros – complique la tâche. Lecornu vise une sortie rapide de l'impasse pour éviter d'alourdir les élections municipales de mars. La commission mixte paritaire prévue vendredi risque de capoter, renforçant l'ombre du 49.3.