Les représentants des groupes écologistes et communistes ont boycotté mardi 6 janvier une réunion à Bercy sur le budget 2026, se disant sans illusions sur l'issue des débats. Seuls les socialistes de gauche ont participé, aux côtés des Républicains et des macronistes. Cette absence complique l'adoption du texte à l'Assemblée et renforce l'hypothèse d'un recours au 49.3.
Après l'échec de la commission mixte paritaire (CMP) le 19 décembre 2025, le projet de loi de finances pour 2026 est revenu à l'Assemblée nationale pour une nouvelle lecture. La commission des Finances en débattra jeudi et vendredi, avant un examen en hémicycle du 13 au 23 janvier.
Le ministère de l'Économie avait invité lundi les groupes parlementaires, à l'exception de La France insoumise et du Rassemblement national, pour lever les points de blocage. Mais les écologistes, dirigés par Marine Tondelier, et les communistes du groupe GDR ont décliné. «On ne va pas faire du théâtre, aller mettre en scène une discussion dont on sait très bien qu'elle ne peut pas aboutir à un compromis», a déclaré Benjamin Lucas-Lundy, porte-parole des écologistes, à l'AFP, évoquant deux visions incompatibles du budget.
Le président du GDR, Stéphane Peu, a affirmé ne pas vouloir «créer l'illusion qu'il y aurait dans notre groupe, ne serait-ce que la plus petite espérance de nous voir nous abstenir ou encore moins voter pour (ce) budget». Les écologistes regrettent que le gouvernement n'ait pas présenté un nouveau budget après l'échec de la CMP.
Malgré ces absences, la réunion avec le PS, LR et les macronistes a duré plus de quatre heures et s'est avérée «très constructive», selon Bercy, qui a réaffirmé la volonté de réduire le déficit à 5% du PIB.
La position des écologistes est scrutée: ils s'étaient abstenus majoritairement sur le budget de la Sécurité sociale en décembre, permettant son adoption. Mais un vote contre est «plus que probable», selon la députée Danielle Simonnet. Les socialistes promettent au mieux une abstention.
Le recours au 49.3, qui permet d'adopter le budget sans vote en échange d'un engagement de non-censure du PS, revient dans les débats. Le Premier ministre Sébastien Lecornu y avait renoncé en octobre 2025 à la demande des socialistes. Romain Eskenazi, porte-parole PS, n'exclut pas cette option si un «pacte de non-censure» est négocié, comme en début 2025 avec François Bayrou. Patrick Kanner, patron des sénateurs PS, estime qu'elle «ne peut pas être écartée définitivement». François Hollande, député PS, voit là «d'autre issue».