Le président du Sénat Gérard Larcher a qualifié de «mauvais» le budget 2026, co-construit avec le Parti socialiste, et annoncé que la chambre haute surveillera son exécution. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a recours au 49.3 pour adopter les parties recettes et dépenses, évitant de justesse deux motions de censure. Le texte pourrait être promulgué mi-février, avec des coupes dans les dépenses publiques.
Dans un entretien publié dans le Journal du Dimanche, Gérard Larcher, président Les Républicains du Sénat, a vivement critiqué le projet de budget de l'État pour 2026. «Cela reste un mauvais budget, co-construit avec le Parti socialiste et qui n'apporte pas les solutions dont le pays a besoin», a-t-il déclaré. Il a regretté que «plus personne ne parle des 4,7% de déficit», alors que le texte prévoit un déficit public de 5% du PIB.
Le budget, adopté sans vote à l'Assemblée nationale via l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, retourne au Sénat, dominé par la droite et les centristes. Larcher a prévenu que les sénateurs mettront en place un «suivi très attentif de l'exécution budgétaire, point par point et sur pièces». «Nous serons 'agents de surveillance', ce que le Sénat sait très bien faire», a-t-il ajouté, évoquant l'option d'une motion de rejet préalable pour en finir rapidement.
Vendredi 23 janvier, le Premier ministre Sébastien Lecornu a engagé un premier 49.3 sur la partie recettes, malgré sa promesse initiale d'y renoncer. Deux motions de censure, de La France insoumise et du Rassemblement national, ont été rejetées, validant ainsi cette section. Le ministre de l'Économie Roland Lescure s'est dit soulagé, notant que la France est «sur le point d’avoir un budget». Un deuxième 49.3 a été utilisé pour les dépenses, avec des coupes prévues dans les crédits de France 2030, plusieurs ministères et un effort demandé aux groupements de communes.
Malgré la crise politique née de la chute de François Bayrou en septembre 2025 et la démission du premier gouvernement Lecornu en octobre, le texte pourrait être promulgué mi-février, avec un mois et demi de retard. Les marchés financiers ont réagi positivement, le spread sur la dette française tombant à 59 points de base, son plus bas depuis juin 2024. Lecornu, lors d'un déplacement à Rosny-sous-Bois, a appelé à «avancer» vers 2027 après trois mois de débats houleux.