Malgré le scandale révélé par des enregistrements audio dans lesquels le directeur de Ribera Salud demande de prolonger les listes d’attente pour gagner plus d’argent, les patients de l’hôpital de Torrejón ont des opinions mitigées sur le service. Alors que certains expriment leur frustration face aux annulations répétées et aux récentes manifestations, d’autres valorisent positivement leurs expériences récentes. Le débat sur le modèle de santé publique-privée de Madrid s’intensifie avec les enquêtes en cours.
L’hôpital de Torrejón, un établissement public géré par l’entreprise privée Ribera Salud, est au cœur d’une controverse après la publication par EL PAÍS d’enregistrements audio. Dans ceux-ci, le directeur exécutif Pablo Gallart affirme que « l’élasticité du compte de résultat par rapport à la liste d’attente est directe », impliquant que retarder les traitements augmente les revenus de l’entreprise. Le lendemain de la révélation, Gallart s’est écarté de la direction, et Ribera Salud a annoncé un audit approfondi.
La présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, initialement silencieuse, a déclaré que « toute mauvaise pratique sera éradiquée avec force », mais a vite minimisé l’affaire en la qualifiant de « querelles entre dirigeants ». Le ministère national de la Santé, dirigé par Mónica García, a demandé une enquête sur d’autres hôpitaux publics gérés par des privés à Madrid sans obtenir de réponse, et a annoncé sa propre enquête sur les irrégularités à Torrejón.
Des patients comme Manuel Ruiz, 67 ans, atteint de BPCO, ont subi 13 annulations de rendez-vous depuis octobre, six jours après l’ordre de Gallart. « Ils ne vont rien faire tant que je ne serai pas mort », déplore-t-il. Carmen González, 68 ans, qui a subi une opération cardiaque en février, a enduré des retards menant à une crise cardiaque ; ce n’est qu’après une plainte qu’elle a reçu des excuses et des rendez-vous respectés. En revanche, Martina, 17 ans, et Javier Ojeda, 44 ans, rapportent des expériences positives avec des chirurgies et des suivis rapides, bien qu’ils notent des temps d’attente typiques.
Vendredi dernier, environ 500 personnes ont manifesté devant l’hôpital contre sa dégradation. Le personnel, sous un « régime de terreur », dénonce des pressions pour traiter un maximum de patients et des taux élevés de récidive dus à un temps insuffisant. Un anesthésiste en 2023, avant de démissionner, a écrit sur des « fausses promesses et plus de démantèlement », après le départ de 12 collègues en six mois. Les professionnels de la santé s’accordent à dire que, malgré leurs efforts, les conditions sont intenables.