Mercredi 12 novembre 2025, l'Assemblée nationale examinera un amendement gouvernemental visant à suspendre jusqu'en 2027 la réforme des retraites de 2023, qui repousse l'âge légal à 64 ans. Cette mesure, intégrée au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, représente une concession à la gauche pour sécuriser le budget. Cependant, La France insoumise s'oppose à cette suspension, exigeant une abrogation totale.
La réforme des retraites, adoptée en 2023 sous Élisabeth Borne via l'article 49.3 malgré une contestation massive, prévoyait un relèvement progressif de l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Ce mercredi 12 novembre, dans le cadre de l'examen de la partie "dépenses" du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, les députés voteront sur l'amendement gouvernemental (article 45 bis) proposant sa suspension jusqu'à l'élection présidentielle de 2027.
Le gouvernement de Sébastien Lecornu a déposé cet amendement en réponse à l'engagement pris auprès du Parti socialiste (PS), qui y voit une victoire après des négociations intenses. Le PS attend un vote favorable pour revendiquer avoir fait plier l'exécutif sur ce dossier emblématique. Récemment, le Premier ministre a élargi la suspension aux carrières longues, comme réclamé par la gauche, en saisissant le Conseil d'État d'une lettre rectificative.
Cependant, les députés de La France insoumise (LFI) voteront contre, dénonçant une "arnaque" et refusant tout compromis avec le bloc central. Fidèles au programme du Nouveau Front populaire de 2024, ils exigent l'abrogation complète pour éviter toute "magouille" avec les macronistes. Jean-Luc Mélenchon avait insisté sur l'application intégrale du programme.
Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, met en garde contre les conséquences financières. La suspension coûtera 1,4 milliard d'euros en 2026, aggravant un déficit structurel déjà à 6,6 milliards. Sans la réforme, qui devait rapporter 10 milliards, le déficit atteindrait 15 milliards en 2035 et 32 milliards en 2045. Il appelle à rouvrir le débat en 2027 pour préserver le système par répartition.
Ce vote symbolique, sans effet immédiat légal, envoie un signal sur l'avenir de la réforme, initialement rouverte par François Bayrou en décembre 2024. Il s'inscrit dans un calendrier serré : l'Assemblée doit adopter le PLFSS avant le 12 décembre, pour promulgation au 31 décembre, évitant la crise budgétaire de 2024 sans recours au 49.3.