L'Assemblée nationale s'apprête à voter mardi sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) en seconde lecture, un scrutin décisif pour le Premier ministre Sébastien Lecornu. Si le texte est adopté, il pourrait être définitivement voté avant les fêtes ; en cas de rejet, un nouveau débat est probable début 2026. Les positions des partis restent incertaines, avec des concessions du gouvernement aux écologistes et aux socialistes.
L'heure de vérité sonne à l'Assemblée nationale avec le vote sur le PLFSS pour 2026, prévu mardi après-midi. Après des semaines de débats tendus, le gouvernement de Sébastien Lecornu a multiplié les compromis pour éviter un rejet qui plongerait le déficit de la Sécurité sociale à plus de 30 milliards d'euros en 2026, contre 23 milliards en 2025.
Le Premier ministre, qui a renoncé à l'article 49.3, dépend des voix des écologistes et des socialistes. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a appelé ses députés à voter pour ce «budget de compromis», soulignant les avancées obtenues : suspension de la réforme des retraites, abandon du gel des pensions et du doublement des franchises médicales, et une hausse de l'ONDAM de 2% à 3%. Yannick Jadot a invité les écologistes à s'abstenir au minimum, reconnaissant l'impact de leurs négociations.
À droite, Édouard Philippe recommande l'abstention aux députés Horizons, jugeant le texte «non satisfaisant» avec un déficit autour de 20 milliards. Bruno Retailleau dénonce un «hold-up fiscal» et social, appelant les LR à voter contre ou s'abstenir. Le RN, dirigé par Marine Le Pen, votera contre pour déstabiliser le gouvernement et pousser à des élections anticipées.
Les organisations patronales, comme le Medef, alertent contre toute réduction supplémentaire des allègements de cotisations, estimant cela une «taxe sur l'emploi». Si adopté, le PLFSS devra encore passer au Sénat avant validation définitive, tandis que le budget de l'État reste en suspens.