Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 a été adopté de justesse à l'Assemblée nationale le 9 décembre 2025, avec seulement 13 voix de majorité. Cette adoption a mis en évidence les fractures au sein de l'ex-majorité, notamment l'abstention des députés Horizons et le vote favorable de Renaissance et du MoDem. Les Républicains se sont aussi divisés, affaiblissant l'autorité de leur président Bruno Retailleau.
Le mardi 9 décembre 2025, l'Assemblée nationale a adopté le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 par une marge étroite de 13 voix. Ce vote a accentué les dissensions au sein du bloc central. Les députés d'Horizons, menés par Édouard Philippe, se sont abstenus, refusant un compromis « à n'importe quel prix ». En revanche, Renaissance et le MoDem ont voté pour, préférant « un mauvais budget plutôt que pas de budget ».
Édouard Philippe a critiqué l'absence d'efforts suffisants pour réduire la dette, pointant un déficit estimé à 24 milliards d'euros pour la Sécu en 2026, incluant les transferts de l'État. Lors d'une conférence le 10 décembre, l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve a soutenu cette position : « En deux mois, nous sommes passés d’une situation où le premier ministre nous disait 'Il faut un budget pour faire des économies', à un contexte où on nous explique qu’il faut des dépenses pour avoir un budget ! », déplorant un manque de « lucidité et de courage politique ».
Du côté des Républicains (LR), Bruno Retailleau avait appelé ses 49 députés à rejeter le texte, le qualifiant de « budget socialiste » qui « emmène la France dans le mur ». Pourtant, 18 LR ont voté pour, 28 se sont abstenus et trois ont voté contre, révélant un fossé entre le parti et le groupe parlementaire dirigé par Laurent Wauquiez. Le député Nicolas Tryzna a regretté : « Ce n’est jamais très agréable d’apprendre le dimanche soir à la télé ce qu’on doit voter ou ne pas voter. »
Les socialistes (PS), qui ont voté pour, cherchent à consolider l'abstention des Écologistes pour le vote final du 16 décembre. Le député Laurent Baumel s'est dit « satisfait » d'un compromis, mais prudent : « Tout se fait et se défait très vite dans le contexte actuel. » Ce scrutin illustre les tensions stratégiques à l'approche de 2027.