Le groupe PPE au Parlement européen a étroitement coopéré avec l’AfD et d’autres partis de droite sur une proposition visant à durcir la politique migratoire, comme le révèle une enquête de la dpa. Cela s’est déroulé dans un groupe WhatsApp et lors d’une réunion le 4 mars. La proposition de « Return Hubs » a obtenu une majorité en commission grâce au soutien de députés européens de droite.
Le groupe PPE, incluant les députés européens CDU et CSU, a coopéré plus étroitement avec des factions de droite que ce qui était connu précédemment, selon des informations de l’agence de presse allemande (dpa). L’enjeu était une proposition visant à durcir la politique migratoire, qui permettrait l’expulsion des demandeurs d’asile vers des « Return Hubs » situés en dehors de l’UE. Le projet était au point mort depuis des mois, car le PPE, les sociaux-démocrates et les libéraux n’arrivaient pas à s’accorder. Début mars, un groupe WhatsApp a été créé où le PPE a présenté la proposition aux groupes de droite – y compris l’ECR, le PfE et l’ESN avec des députés AfD. Des collaborateurs des factions de droite ont suggéré des modifications, dont certaines ont été adoptées par le PPE, y compris des propositions de la politicienne AfD Mary Khan sur des contrôles d’âge pour les demandeurs d’asile via des tests médicaux. Le 4 mars, des députés des groupes impliqués se sont rencontrés : François-Xavier Bellamy (PPE), Khan (AfD/ESN), Marieke Ehlers (PfE) et Charlie Weimers (ECR). Après la réunion, le message du groupe indiquait : « De nombreux remerciements pour cette excellente coopération. » Peu après, la proposition a obtenu une majorité en commission, soutenue par le PPE et des députés de droite. Un porte-parole du PPE a souligné qu’il n’y avait pas de changements substantiels et que les députés AfD étaient « sans importance ». Le président du PPE Manfred Weber déclarait fin de l’année dernière : « Le pare-feu tient. Nous savons qui sont nos ennemis. » La députée européenne CDU Lena Düpont a nié toute coopération structurée. Cette révélation a suscité des critiques : le secrétaire général du SPD Tim Klüssendorf l’a qualifiée de « scandaleuse » et a exigé des explications de Weber. Le député européen Vert Erik Marquardt a averti : « Impliquer des extrémistes de droite dans les processus démocratiques sera le début de la fin pour les démocraties libérales en Europe. » La politicienne FDP Marie-Agnes Strack-Zimmermann l’a décrite comme une « grave erreur politique ». Le ministre fédéral de l’Intérieur Alexander Dobrindt (CSU) promeut les « Return Hubs » pour soulager le système d’asile, tandis que les critiques y voient des risques pour les droits fondamentaux des réfugiés. Le débat fait écho à la controverse sur le « pare-feu » en Allemagne, où le leader de la CSU Markus Söder et le leader de la CDU Friedrich Merz rejettent toute coopération avec l’AfD.