L'industrie des jeux en Afrique du Sud a connu une croissance rapide, le chiffre d'affaires atteignant 1,5 trillion de R pour l'exercice 2024/25, malgré un chômage élevé et une pression financière sur les ménages. Cette expansion, largement tirée par les paris en ligne, reflète des mécanismes d'adaptation plutôt qu'une confiance économique. Les taux de jeu problématique ont fortement augmenté, mettant à rude épreuve les services de santé mentale.
Le secteur des jeux d'argent en Afrique du Sud a connu une croissance significative au cours de l'exercice financier 2024/25, le chiffre d'affaires total grimpant de 31,3 % à 1,5 trillion de R contre 1,14 trillion de R l'année précédente. Le produit brut des jeux a augmenté de 26,2 % à 75 milliards de R, surpassant l'économie globale. Les paris dominent désormais, représentant 70 % du produit brut à 52,3 milliards de R, contre 5,2 milliards de R en 2020/21, les plateformes en ligne comptant pour 85,5 % de l'activité de paris après une hausse de 550 % sur quatre ans. Les casinos, en revanche, ont décliné de 4,1 % par an. nnCette flambée se produit sur fond de détresse économique. Le chômage s'établit à 31,9 % au troisième trimestre 2025, avec un taux de 58,5 % chez les jeunes ; 34 % des jeunes ne sont ni en emploi, ni en éducation, ni en formation, et 58,7 % des jeunes chômeurs n'ont jamais eu d'emploi. Les enquêtes indiquent que 56 % des parieurs jouent par besoin financier, et 40-41 % de ceux gagnant entre 8 000 et 15 000 R par mois l'utilisent pour les dépenses ou la gestion de dettes, contre 36 % l'an dernier. Les ménages à faible revenu allouent jusqu'à 40 % de leurs revenus aux jeux, ce qui en fait la 12e plus grande dépense des ménages au niveau national à 1,6 % des dépenses. nnLe jeu problématique a explosé, passant de 6 % en 2017 à 31 % en 2023, touchant près d'un parieur sur trois et environ deux millions de personnes. La participation annuelle des adultes a doublé à 65,7 %. Les appels à la ligne d'aide de la National Responsible Gambling Foundation ont bondi de 623 % à 1,1 million, les renvois en traitement augmentant de 55 % à 4 166, particulièrement chez les 18-35 ans. Les appelants rapportent ruine financière (32 %), incapacité à arrêter (40 %) et problèmes concomitants comme la dépression ou l'abus de substances. nnLe secteur a généré 5,8 milliards de R en impôts et soutenu 33 169 emplois directs, mais les critiques soutiennent qu'il taxe le désespoir des groupes vulnérables dépendant des subventions sociales de 370-390 R par mois. La publicité a atteint 2,6 milliards de R, menée par Hollywoodbets (775 millions de R). Les lois obsolètes de 2004 laissent la régulation fragmentée, une taxe en ligne proposée de 20 % visant 10 milliards de R de recettes mais risquant des transferts offshore. nnCette tendance, accélérée par la pandémie, signale une exclusion économique plus profonde plutôt que de la prospérité.