Un mois après le début des perturbations liées au conflit au Moyen-Orient, le Kenya enregistre une perte hebdomadaire de 250 millions de shillings sur ses exportations de bétail et de viande vers les marchés du Golfe, portant les pertes totales à plus d'un milliard de shillings, a déclaré le ministre des Finances, John Mbadi, au Parlement.
Le conflit, déclenché par les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran le 28 février 2026, a durement touché les principales destinations d'exportation du Kenya. Lors d'une audition devant la Commission des finances et de la planification de l'Assemblée nationale le 4 avril, M. Mbadi a précisé que les marchés du Conseil de coopération du Golfe (CCG) représentent 85 % des exportations de bétail du Kenya et 69 % de celles de viande.
"Les perturbations ont entraîné des pertes d'environ 250 millions de shillings par semaine, et six abattoirs agréés fonctionnent à une capacité très réduite", a-t-il indiqué. Ce constat fait suite aux rapports de mars mentionnant des pertes hebdomadaires d'environ 300 millions de shillings pour la viande et d'autres produits, comme l'avait noté le secrétaire de cabinet à l'Agriculture, Mutahi Kagwe.
Sur le plan intérieur, l'excédent de bétail a entraîné une baisse des prix pour les éleveurs nomades, réduisant les revenus de milliers de familles. Le Kenya compte 22 millions de bovins, 23 millions de moutons, 35 millions de chèvres et 4,3 millions de chameaux, produisant 607 000 tonnes de viande rouge par an pour une demande de 800 000 tonnes.
Le gouvernement cherche actuellement des débouchés alternatifs vers l'Union européenne, la Chine, les États-Unis et d'autres pays africains, tout en investissant dans des infrastructures de stockage frigorifique. Le ministère du Développement de l'élevage a souligné que le Kenya n'a pas encore pleinement tiré parti des accords commerciaux avec les nations arabes.