Le New York Times soutiendra jeudi devant un tribunal fédéral que la Maison-Blanche détourne le système judiciaire pour intimider ses journalistes. Le litige porte sur des assignations émises à la suite d'un article sur des préoccupations de sécurité concernant un nouvel avion Air Force One offert par le Qatar. Le journal cherche à faire annuler ces assignations lors d'une audience à Manhattan.
Le New York Times soutient que l'administration Trump a violé les protections du premier amendement en faisant remettre des assignations aux domiciles de journalistes le 10 juillet, quelques jours seulement après la publication de l'article initial. Les documents juridiques du journal indiquent que des agents ont sollicité des témoignages et des documents auprès de cinq journalistes ainsi que de membres de leurs familles, notamment les relevés téléphoniques de leurs conjoints et d'une mère, sans en informer préalablement les avocats du journal.
Le Times fait valoir que le directeur du FBI, Kash Patel, a personnellement supervisé les assignations depuis la Maison-Blanche, ce qu'il décrit comme une ingérence inappropriée. Katherine Marsh, épouse du journaliste Julian E. Barnes, a qualifié ces visites d'effrayantes, ajoutant qu'elle s'était sentie traitée comme une ennemie de l'État.
Le ministère de la Justice maintient que les assignations respectaient la loi fédérale et la politique interne visant à enquêter sur une violation de la sécurité nationale plutôt qu'à entraver le travail journalistique. Le procureur fédéral Jay Clayton a déclaré au Sénat la semaine dernière que des efforts avaient été faits pour limiter l'intrusion auprès de la presse.
L'audience devant le juge du tribunal de district américain Arun Subramanian est prévue jeudi dans un tribunal fédéral de Manhattan. Le Times demande au juge d'annuler les assignations.