Le Palais Galliera à Paris présente « La mode au XVIIIe siècle : une héritage fantasmé », une exposition qui explore l'influence durable des styles du XVIIIe siècle sur la mode contemporaine. Ouverte jusqu'au 12 juillet 2026, l'exposition met en lumière des vêtements historiques aux côtés de créations contemporaines de Dior, Chanel et d'autres. La commissaire Pascale Gorguet Ballesteros décrit cette époque comme une source de réconfort dans une période d'anxiété.
Au Palais Galliera, situé au 10 avenue Pierre Ier de Serbie dans le 16e arrondissement de Paris, l'exposition « La mode au XVIIIe siècle : une héritage fantasmé » retrace la manière dont l'extravagance du XVIIIe siècle — corsets, volants, dentelles, paniers et tissus somptueux — continue d'inspirer les créateurs. Cette exposition coïncide avec la Fashion Week de Paris, où des références historiques similaires sont apparues sur les podiums, et rejoint d'autres expositions dans des institutions telles que le MAD, le musée Carnavalet et le musée Cognacq-Jay, célébrant l'impact culturel de cette époque. À partir de juin, le château de Fontainebleau proposera également des présentations sur ce thème. La commissaire Pascale Gorguet Ballesteros, cheffe du département des costumes, accessoires et poupées des XVIIe et XVIIIe siècles, a expliqué que le XVIIIe siècle était revisité et fantasmé au théâtre et dans l'art bien avant d'atteindre le public moderne. « Vous voyez une perruque pastel, des vêtements pastel, de la dentelle, une rose et vous savez qu'il s'agit du XVIIIe siècle », a-t-elle déclaré. L'exposition s'ouvre sur la mode féminine dépeinte comme une révolution, utilisant le corps comme un support pour des constructions artificielles, des soies brodées, des brocards et des superpositions de tissus. Elle présente des robes à la française, à l'anglaise et à la piémontaise, évoluant vers des silhouettes plus étroites au gré des changements politiques et sociaux. Un motif récurrent est le rose Pompadour, qui a refait surface au XIXe siècle en tant que symbole politique d'un monde perdu lors des périodes conservatrices. Parmi les pièces maîtresses figurent un corset porté par une jeune Marie-Antoinette et un corsage de la danseuse de la Belle Époque Cléo de Mérode en satin de soie ivoire blush agrémenté de dentelle au point de Venise. Les interprétations modernes clôturent l'exposition, avec notamment une robe du soir Givenchy de 1957 en taffetas gris, une création haute couture brodée de John Galliano pour Dior en 2007, une redingote de Nicolas Ghesquière pour Louis Vuitton en 2018 et la robe de mariée Pompadour de Vivienne Westwood de 2026. Des créateurs tels qu'Yves Saint Laurent, Raf Simons, Karl Lagerfeld pour Chanel, Hubert de Givenchy, Jean Paul Gaultier et Dries Van Noten sont également présents, aux côtés de clins d'œil de la culture pop incluant Utica Queen, Madonna et Rihanna. Pascale Gorguet Ballesteros a noté : « Le XVIIIe siècle est plus que jamais une source de réconfort. Lorsque vous vivez dans une période d'anxiété, il y a quelque chose d'apaisant dans la légèreté et le bonheur des couleurs. L'émotion esthétique et la beauté soulagent le stress. » Les supports promotionnels mettent en vedette l'artiste drag Utica Queen, né Ethan David Mundt, révélé dans la saison 13 de RuPaul’s Drag Race, photographié par Eric Magnussen.