Un terrain de football dans le camp de réfugiés d’Aida près de Bethléem a été temporairement sauvé d’un ordre de démolition israélien, grâce à l’intervention des dirigeants de la FIFA et de l’UEFA. Les instances mondiales du football, avec des officiels suisses, ont fait pression sur les autorités israéliennes pour stopper le projet face aux craintes sur le rôle de l’installation comme espace sûr pour les enfants. Cependant, le centre jeunesse d’Aida avertit que la menace persiste sans confirmation officielle.
Le terrain de football dans le camp de réfugiés d’Aida, situé dans la ville de Bethléem en Cisjordanie occupée, faisait face à une démolition après un ordre militaire israélien émis le 31 décembre 2025. L’ordre invoquait une construction illégale sur un terrain appartenant à l’Église arménienne, près de la barrière de séparation israélienne, que l’armée qualifiait de risque sécuritaire. Le camp, abritant plus de 7 000 réfugiés palestiniens selon les chiffres de l’ONU de 2023, est isolé des zones récréatives environnantes par la barrière, faisant du terrain l’une des rares installations pour que les enfants jouent et s’entraînent. Le président de la FIFA Gianni Infantino et le président de l’UEFA Aleksander Čeferin sont intervenus, sollicitant des officiels suisses pour faire pression sur les autorités israéliennes. Čeferin a contacté le président de l’association israélienne de football Moshe Zuares, l’exhortant à intervenir. Dans une déclaration à CNN, l’UEFA a exprimé l’espoir que « le terrain puisse continuer à servir la communauté locale comme un espace sûr pour les enfants et les jeunes », et a remercié Zuares pour ses efforts. Un responsable de l’IFA a confirmé que la démolition a été suspendue pour l’instant, mais a noté que « une solution au litige juridique devra être trouvée ». Le centre jeunesse d’Aida, qui a lancé une campagne sur les réseaux sociaux et des pétitions après l’ordre, a accueilli favorablement l’intervention mais reste prudent. Dans un communiqué, il a qualifié ce développement de « grand pas en avant » mais a souligné que « la situation reste incertaine et que la menace sur le terrain persiste » sans confirmation officielle israélienne. Le centre craint qu’Israël ne réactive l’ordre une fois la pression internationale atténuée, et s’est engagé à poursuivre sa campagne pour que les enfants puissent « jouer au football l’esprit tranquille, sans craindre que l’armée ne vienne détruire leur terrain à tout moment ». Une source proche de l’UEFA a déclaré à CNN que le football « à cette époque est politique », soulignant comment les actions des organisations montrent le potentiel du football à « combattre l’injustice et à se ranger du côté de l’humanité ». L’éducatrice pour enfants Rachel Accurso, connue sous le nom de Ms. Rachel, a rejoint l’effort avec un appel vidéo en direct aux enfants du camp, affirmant que « chaque enfant a le droit de jouer au football ». Elle a ensuite qualifié la suspension de « grande victoire pour les droits des enfants partout ». La préservation du terrain met en lumière l’intersection entre sport et géopolitique dans la région, bien que Munther Amira, membre du conseil du centre jeunesse d’Aida, ait décrit l’ordre initial comme une « tentative claire et cruelle de priver les Palestiniens... d’une installation cruciale pour leur bien-être physique et mental ».