La journaliste Sonia Mabrouk a annoncé sa démission de CNews le 6 février 2026, invoquant une altération de sa relation avec la direction suite à son opposition au maintien de Jean-Marc Morandini à l'antenne malgré sa condamnation pour corruption de mineurs. Elle restera à l'antenne un mois pour son préavis. Cette décision a suscité des réactions variées au sein du milieu médiatique.
Le 6 février 2026 à 19h18, Sonia Mabrouk a informé l'AFP de sa démission de CNews, constatant une «altération certaine et effective de (s)a relation avec une partie de la direction de CNews» depuis sa prise de distance publique avec le maintien de Jean-Marc Morandini. Condamné définitivement par la Cour de cassation en janvier pour corruption de mineurs via des messages sexuels envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016, Morandini a été maintenu à l'antenne par le groupe Canal+, malgré une promesse initiale de licenciement en cas de condamnation. Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ France, avait déclaré : «On assume complètement».
Deux semaines plus tôt, interpellée en direct par le député PS Jérôme Guedj, Mabrouk avait exprimé son malaise : «Je n’en dors pas depuis plusieurs jours. Cette décision ne m’appartient pas. J’ai beaucoup de respect pour ma direction, ma hiérarchie, mais en aucun cas, cela ne vaut de cautionner cela. En aucun cas c’est une complaisance morale par rapport à ce dont nous parlons et qui est d’une gravité réelle.» En tant que mère d'une fille et enceinte de son deuxième enfant, un garçon attendu au printemps, elle a souligné son engagement contre les violences sexuelles.
Absente de «Midi News» depuis le mercredi précédent – justifiée par la chaîne par un malaise lié à sa grossesse à risques à 48 ans, bien qu'une rumeur évoque une altercation avec Serge Nedjar –, Mabrouk ne reviendra pas à l'interview politique le lendemain. Aucune mention de son départ n'a été faite ce soir-là sur l'antenne de CNews, même dans «L’heure des pros». Seul le blog de Morandini l'évoque à 19h37, notant son préavis d'un mois et des rumeurs de négociations avec BFMTV ou le service public.
Des soutiens se sont exprimés : Alexandre Devecchio a écrit : «Ton professionnalisme et ton intégrité manqueront à CNews.» Paul Sugy a salué : «Triste nouvelle. Tu vas nous manquer chère Sonia.» Pascal Praud et Laurence Ferrari, qui avaient déjà pris leurs distances avec la décision sur Morandini, n'ont pas encore réagi publiquement à la démission. Raquel Garrido a qualifié le choix de Bolloré de «moralement choquant». Par ailleurs, une nouvelle plainte pour tentative de corruption de mineurs datant de 2012 a été déposée contre Morandini, mais prescrite depuis 2022, sans ouverture d'enquête.