Une analyse basée sur les données de la UK Biobank rapporte que des niveaux circulants plus élevés de tyrosine, un acide aminé, sont associés à une modeste réduction de l'espérance de vie estimée chez les hommes — environ 0,9 an selon une analyse génétique — tandis que cette association est plus faible et statistiquement moins claire chez les femmes.
Une étude publiée dans la revue Aging a examiné si les acides aminés phénylalanine et tyrosine sont liés à la longévité en utilisant les données de la UK Biobank et des méthodes génétiques conçues pour renforcer l'inférence causale.
Dans les analyses des mesures sanguines initiales et lors d'une randomisation mendélienne — une approche utilisant des variantes génétiques comme indicateurs de différences d'exposition tout au long de la vie — des taux plus élevés de tyrosine ont été associés à des estimations de durée de vie plus courtes chez les hommes. L'article fait état d'une réduction estimée d'environ 0,91 an de vie chez les hommes (intervalle de confiance à 95 % : -1,60 à -0,21) dans l'une des analyses de randomisation mendélienne, alors que l'estimation correspondante chez les femmes (-0,36 an) n'était pas statistiquement significative.
Les chercheurs ont également évalué la phénylalanine, un précurseur de la tyrosine. Leurs résultats suggèrent que la phénylalanine ne présente pas d'association indépendante avec l'espérance de vie une fois la tyrosine prise en compte.
La tyrosine se trouve naturellement dans les aliments contenant des protéines et est également vendue sous forme de complément alimentaire, souvent commercialisé pour améliorer la concentration et la réponse au stress. Les chercheurs ont souligné que leurs analyses évaluaient les taux sanguins de ces acides aminés plutôt que la consommation de compléments, et ils ont appelé à des travaux supplémentaires pour clarifier les mécanismes et déterminer si les changements liés au régime alimentaire pourraient affecter les résultats de santé.
Ces conclusions démontrent une association et non une preuve qu'une augmentation de l'apport en tyrosine raccourcit la vie. Les auteurs de l'étude ont noté que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre les voies biologiques susceptibles d'expliquer la tendance spécifique au sexe observée dans leurs analyses.