L’Union et le SPD se sont entendus sur les points clés d’une nouvelle loi sur l’énergie des bâtiments, abolissant la loi actuelle sur le chauffage. Au lieu d’une exigence de 65 % d’énergies renouvelables, il y aura une augmentation progressive de la part de combustibles respectueux du climat pour les chaudières à gaz et à mazout. La réforme entrera en vigueur avant le 1er juillet.
La grande coalition de l’Union et du SPD a décidé de réformer la loi sur l’énergie des bâtiments, remplaçant la controversée loi sur le chauffage du gouvernement Ampel. Le chef de groupe parlementaire de l’Union, Jens Spahn, a déclaré : « Nous abolissons la loi sur le chauffage de Habeck. » Le sous-sol de chauffage redeviendra une affaire privée, a-t-il souligné. Le chef de groupe du SPD, Matthias Miersch, a qualifié cela de « quadrature du cercle » partiellement résolue. нLa nouvelle loi, qui s’appellera « Loi sur la modernisation des bâtiments », supprime l’exigence que les nouvelles chaudières fonctionnent à 65 % avec de l’énergie renouvelable. À la place, elle introduit un « escalier bio » : à partir de 2029, les nouvelles chaudières à gaz et à mazout devront utiliser 10 % de combustibles respectueux du climat comme le biométhane ou les carburants synthétiques, la part augmentant jusqu’en 2040. Cela vise à atteindre les objectifs climatiques de l’UE. нLes subventions pour les systèmes de chauffage climatiquement neutres se poursuivront au moins jusqu’en 2029, bien que les détails restent ouverts. Les consommateurs feront face à des coûts plus élevés : l’Institut de l’économie allemande (IW) avertit que le biométhane est réalisable à court terme, mais l’hydrogène coûteux pourrait augmenter la facture de gaz d’un ménage de deux personnes d’environ 350 euros d’ici 2035. Verivox note que le biogaz avec 10 % de biométhane est actuellement 25 % plus cher que le gaz conventionnel. нLes locataires seront protégés contre des frais accessoires excessifs, mais la formulation dans le document clé est vague. La planification thermique municipale sera allégée de 80 % pour les petites communes de moins de 15 000 habitants. Le projet de loi doit être décidé par le cabinet d’ici Pâques et entrer en vigueur avant le 1er juillet. нL’industrie réagit avec des sentiments mitigés : l’association industrielle BDH accueille la fin de l’incertitude, tandis que l’association de l’industrie du bâtiment HDB loue le compromis mais voit des lacunes, comme l’a dit le directeur général Tim-Oliver Müller. L’opposition critique vivement : le porte-parole des Verts Kassem Taher Saleh met en garde contre des objectifs climatiques manqués et une dépendance aux combustibles fossiles. La cheffe des Linke Ines Schwerdtner voit des millions de personnes poussées dans un « piège des coûts de chauffage fossile ».