Le ministère éthiopien du Commerce et de l'Intégration régionale a augmenté les prix des carburants à compter du 1er avril 2026, le diesel blanc augmentant de 16,6 % pour atteindre 163,09 birrs le litre. Cette décision intervient alors que le poids des subventions aux carburants atteint près de 272 milliards de birrs. Les autorités invoquent les perturbations du marché pétrolier mondial dues aux conflits au Moyen-Orient.
Le ministère éthiopien du Commerce et de l'Intégration régionale a annoncé des augmentations du prix des carburants effectives au 1er avril 2026. Le diesel blanc a augmenté de 16,6 % pour atteindre 163,09 birrs le litre, contre 139,84 birrs précédemment, le diesel noir lourd a grimpé de 20,4 % à 160,68 birrs, et l'essence a augmenté de 7,7 % pour atteindre 142,41 birrs. Il s'agit du deuxième ajustement majeur en un mois et de la hausse mensuelle la plus forte jamais enregistrée.
Le ministre Kassahun Gofe a attribué ces hausses à la flambée des prix mondiaux du pétrole causée par les conflits au Moyen-Orient, notamment la fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20 % de l'offre mondiale de pétrole. Les cargaisons destinées à l'Éthiopie — 120 000 tonnes métriques de diesel et 60 000 tonnes métriques de carburéacteur — sont bloquées dans le golfe Persique. Le gouvernement s'est tourné vers le marché au comptant, où les primes sont passées de 9,25 à 92,88 dollars le baril.
« Même avec les ajustements actuels, les prix intérieurs des carburants restent bien inférieurs aux niveaux réels du marché », ont déclaré les autorités. L'État subventionne toujours le diesel à hauteur de 71 birrs par litre et l'essence à hauteur de 32 birrs ; sans subventions, le diesel pourrait atteindre 234,17 birrs le litre. Le total des subventions dépasse désormais 272 milliards de birrs, un montant jugé insoutenable.
Les gros utilisateurs commerciaux sont soumis à une tarification différenciée fixée à 210 birrs par litre pour le diesel blanc. Un groupe de travail national donne la priorité à l'approvisionnement en carburant pour la logistique, les transports publics, la santé, les services publics, l'agriculture, les exportations et les institutions publiques. Les analystes préviennent que ces mesures entraîneront des effets d'entraînement augmentant les coûts de transport et les prix des denrées alimentaires.