Cinq entreprises de pêche ont déposé ou prévoient de déposer des demandes d'indemnisation contre l'État chilien pour un montant avoisinant les 600 millions de dollars, suite à des modifications des quotas introduites par une loi en 2025. Cette législation a altéré la répartition des quotas de pêche entre les secteurs industriel et artisanal, affectant les licences octroyées en vertu de la loi 20.657 de 2013. Le gouvernement du président José Antonio Kast a choisi de réformer le statut existant plutôt que de poursuivre l'élaboration d'une nouvelle loi générale sur la pêche.
Un projet de loi présenté en septembre 2024 et promulgué en juin 2025 visait à sortir de l'impasse les discussions sur une nouvelle loi générale sur la pêche, suite à des allégations de corruption lors de processus législatifs antérieurs. Baptisée loi sur le fractionnement des quotas de pêche, elle a redistribué les quotas entre la pêche industrielle et artisanale pour diverses pêcheries à travers le pays. Lors de la promulgation, le président Gabriel Boric a déclaré : “quienes estamos en política, somos empleados del pueblo. No de las grandes empresas o los poderes fácticos” et que “esta ley se enmarca (...) en algo que es de la esencia de nuestro proyecto político (…), que es la riqueza para quienes la producen”. Les entreprises invoquent une expropriation indirecte, car la loi affecte les licences garantissant des quotas jusqu'en 2032 en vertu de la loi 20.657, portant ainsi atteinte aux droits de propriété et imposant des charges inégales sans compensation. La Tercera a rapporté que cinq entreprises de pêche ont déjà déposé des demandes d'indemnisation ou le feront prochainement, pour un total d'environ 600 millions de dollars. Les acteurs du secteur avaient anticipé le besoin de compensation lors des débats législatifs. Récemment, l'administration du président José Antonio Kast a retiré un projet de loi parallèle visant une nouvelle loi sur la pêche, privilégiant des amendements au statut actuel. L'affaire souligne la nécessité d'une sécurité juridique dans les réglementations économiques à long terme.