Le professeur de l’université Columbia Mahmood Mamdani discute de son dernier ouvrage, *Slow Poison*, qui explore comment la domination coloniale britannique a façonné l’État ougandais post-indépendance et le long mandat de dirigeants comme Idi Amin et Yoweri Museveni. S’appuyant sur ses propres expériences d’exil et d’apatridie, il relie l’histoire d’appartenance et d’exclusion de l’Ouganda à l’ascension politique de son fils, le maire élu de New York Zohran Mamdani.
Mahmood Mamdani, professeur de gouvernement au département d’anthropologie de l’université Columbia depuis 1999, a publié un nouveau livre intitulé Slow Poison, qui découle de ses observations directes de la lutte de l’Ouganda après l’indépendance.
Dans une interview avec Leila Fadel de NPR, Mamdani explique que son érudition est ancrée dans son expérience de citoyen ougandais d’origine indienne qui a été deux fois rendu apatride au milieu des troubles politiques en Afrique de l’Est dans les années 1970 et 1980. Ces bouleversements, dit-il, ont aidé à façonner son focus sur la manière dont les héritages coloniaux continuent de définir le pouvoir et l’appartenance.
« Nous étions des migrants, et sous le système colonial, les migrants étaient définis comme non autochtones », a déclaré Mamdani à NPR. Cette classification signifiait que des personnes comme sa famille étaient privées de droits plenos et ne se sentaient jamais pleinement chez elles en Ouganda. L’exclusion, dit-il, a alimenté son effort de longue date pour comprendre « qui appartient, qui n’appartient pas, et comment cela a changé avec le temps », selon l’interview.
Slow Poison se concentre sur la formation de l’État ougandais après la domination coloniale britannique et les deux autocrates que Mamdani affirme avoir largement façonnés : Idi Amin et le président actuel Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986. Il soutient que les deux hommes opéraient dans un cadre colonial enraciné transmis par les Britanniques, perpétuant des systèmes de contrôle et d’exclusion plutôt que de les démanteler.
S’exprimant auprès de NPR, Mamdani évoque également les parallèles entre ses expériences d’exil et l’ascension politique de son fils, Zohran Mamdani, élu prochain maire de New York. Il suggère que les questions d’identité, de pouvoir et d’inclusion qui ont défini sa vie en Ouganda continuent de résonner dans les efforts de son fils pour contester qui est considéré comme appartenant à la plus grande ville des États-Unis.
Le segment radio a été produit par Milton Guevara, et la version numérique éditée par Majd Al-Waheidi, selon les crédits de NPR. Ensemble, ils encadrent le parcours de Mamdani de la difficulté personnelle à l’influence académique mondiale, et montrent comment le passé colonial de l’Ouganda continue d’échoir dans la politique contemporaine bien au-delà de ses frontières.