Dans une interview à RND, le président de la Fédération médicale fédérale Klaus Reinhardt aborde les taux élevés de consultations médicales en Allemagne, qu'il n'attribue pas uniquement au comportement des patients. Il met en garde contre les droits de prescription prévus pour les pharmaciens et plaide pour une taxe sur le sucre ainsi qu'un interdit des smartphones dans les écoles. Il soutient en outre une nouvelle régulation du suicide assisté avec des mesures de protection strictes.
Klaus Reinhardt, président de l'Association médicale allemande depuis mi-2019 et représentant de plus de 400 000 médecins, aborde plusieurs questions de santé dans une interview à RND. Le généraliste de 65 ans de Bielefeld critique les projets de la ministre de la Santé Nina Warken d'autoriser les pharmaciens à prescrire des médicaments sur ordonnance sans consultation médicale. « C'est un dangereux faux chemin », dit-il, car cela nécessite une expertise médicale, une connaissance du patient et des discussions confidentielles impossibles au comptoir.
Sur le nombre élevé de contacts médicaux, Reinhardt met l'accent sur le rôle du système de rémunération : « Qui paie les cas, obtient des cas. » Il appelle à réformer la rémunération pour éviter les abus, ce qui requerrait du temps et des experts comme des théoriciens des jeux. Pour assurer le respect des parcours de traitement, il suggère des frais supplémentaires notables en cas d'abus, comme des visites non autorisées aux urgences sans consultation au 116117.
Pour la prévention, Reinhardt plaide pour des taxes plus élevées sur le sucre, le tabac et l'alcool, notant la 17e place de l'Allemagne sur 18 pays dans l'Indice de santé publique. Il alerte sur une « énorme vague de diabétiques » due à la sédentarité et à la mauvaise alimentation des enfants. Les recettes supplémentaires pourraient financer une éducation sanitaire obligatoire, y compris sur l'usage des médias.
Il rejette une interdiction des réseaux sociaux comme en Australie mais exige des écoles sans téléphone : « L'école doit être un espace protégé pour l'apprentissage et l'interaction sociale. » Les enseignants constatent plus d'interactions avec les interdictions.
Concernant le suicide assisté, il soutient une nouvelle régulation suite à l'arrêt de la Cour constitutionnelle fédérale de 2020 pour mettre fin à l'« état non réglementé ». Il connaît un cas où un homme souffrant de dépression traitable est mort via une association d'euthanasie. L'implication des médecins n'est pas un devoir médical, mais un concept de protection doit garantir un souhait libre et durable, et promouvoir la prévention du suicide. L'association ne publiera pas de liste de médecins volontaires.