Des fondations allemandes et suisses ont octroyé plus d'un million d'euros pour étudier un important sanctuaire romain mis au jour à Francfort. Le site de l'ancienne Nida, découvert lors de la construction d'une école, présente des bâtiments atypiques et des dépôts rituels suggérant des pratiques rares. Des experts de plusieurs institutions mèneront ces recherches sur trois ans.
Un vaste sanctuaire romain situé dans l'ancienne cité de Nida, aujourd'hui Francfort-Heddernheim, a bénéficié d'un financement important pour des recherches approfondies. La Fondation allemande pour la recherche et le Fonds national suisse de la recherche scientifique ont accordé plus d'un million d'euros à ce projet triennal, annoncé lors d'une conférence de presse au Musée archéologique de Francfort. L'initiative implique des experts de l'Université Goethe de Francfort, de l'Université de Bâle et des services locaux du patrimoine, sous la direction de personnalités telles que le Dr Carsten Wenzel et la professeure Anja Klöckner. Cinq jeunes chercheurs participeront à des travaux doctoraux et postdoctoraux. Le sanctuaire a été mis en évidence lors de fouilles menées entre 2016 et 2018, puis en 2022, avant la construction de la Römerstadtschule. Les archéologues ont exploré plus de 4 500 mètres carrés, révélant onze bâtiments en pierre, 70 puits et dix fosses contenant des dépôts rituels. Les trouvailles comprennent plus de 5 000 fragments de plâtre peint, 254 pièces de monnaie, plus de 70 fibules, ainsi que des restes de plantes, d'animaux, de poissons et d'oiseaux issus de 150 échantillons analysés. Les preuves suggèrent des offrandes faites à des divinités telles que Jupiter, Mercurius Alatheus, Diane, Apollon et Épona, avec la possibilité de sacrifices humains. Le Dr Ina Hartwig, commissaire à la culture et aux sciences de la ville de Francfort, a qualifié ce quartier cultuel de découverte archéologique d'une importance presque inégalée en Europe. Marcus Gwechenberger, conseiller municipal chargé de l'urbanisme et du logement, a souligné comment cette découverte, faite lors de la construction d'une école, illustre l'intersection entre développement urbain et recherche. Le site, établi au début du IIe siècle de notre ère et actif au moins jusqu'en 246 après J.-C., souligne le rôle de Nida en tant que centre diversifié de la Germanie romaine jusqu'à son abandon vers 275-280 après J.-C.