Le Bundestag allemand doit adopter jeudi la loi sur l'accélération des achats de la Bundeswehr, visant à accélérer les contrats d'armement et de construction. Menée par la ministre de l'Économie Katherina Reiche (CDU), la loi répond au nouveau paysage sécuritaire européen et vise la croissance économique. Elle supprime des obstacles comme le fractionnement des contrats, mais fait face à des critiques pour risque de corruption et désavantages pour les PME.
La loi sur l'accélération des achats de la Bundeswehr, un document de 16 pages au nom interminable, vise à accélérer considérablement l'acquisition de chars, de munitions et la construction de nouvelles casernes. Élaborée sous la direction du ministère de l'Économie dirigé par Katherina Reiche (CDU), elle répond à la situation sécuritaire tendue en Europe. Le chancelier Friedrich Merz (CDU) a promis une croissance économique plus rapide au début de son mandat, et cette loi doit le démontrer. Reiche a clairement énoncé l'objectif : « Nous devons devenir technologiquement et industriellement plus forts que les agresseurs potentiels. Cela garantit la paix. » Une mesure clé est la suppression de l'obligation de fractionner les contrats selon le principe Losgrundsatz, qui protège les PME mais cause souvent des retards — comme sur les chantiers d'autoroutes laissés à l'abandon pendant des mois derrière des barrières. La Cour des comptes fédérale a récemment critiqué la gestion financière de la Bundeswehr, en particulier concernant le fonds spécial de 100 milliards d'euros. « L'expérience montre : quand une organisation dispose soudainement de ressources financières bien plus importantes, le risque d'actions non économiques augmente », indique le rapport. Les problèmes vont des achats ratés à des millions en licences logicielles inutilisées. Les voix de l'opposition, comme la vice-présidente du groupe de La Gauche Janine Wissler, voient des risques : « Un cadeau empoisonné pour l'industrie de l'armement », ouvrant « grand la porte à la corruption ». Elle critique l'augmentation des seuils pour les adjudications directes de 1 000 à 100 000 euros et de 3 000 à 500 000 euros pour les services de construction. « Avec la loi sur l'accélération des achats... la politique du crayon rouge sur les dépenses publiques est désormais remplacée par une mentalité de chèque en blanc », a déclaré Wissler à RedaktionsNetzwerk Deutschland (RND). Les partisans mettent l'accent sur les intérêts sécuritaires : dans le secteur de l'armement, le secret doit être possible, et les contrats peuvent être attribués directement. Les négociations dans la coalition Union-SPD ont été houleuses, avec des préoccupations sur les achats. La loi désavantage-t-elle les petites entreprises ou stimule-t-elle l'économie ? L'avenir le dira.