La Haute Cour du Kenya a statué que les numéros de téléphone mobile enregistrés constituent des données personnelles protégées par la Constitution et ne peuvent être désactivés ou réaffectés sans le consentement de leur propriétaire. La décision du juge Lawrence Mugambi fait suite à une pétition déposée en juin 2024 visant à empêcher les opérateurs de téléphonie mobile de recycler les numéros dans un contexte d'augmentation des escroqueries.
Le 19 mars 2026, le juge Lawrence Mugambi a statué que les numéros de téléphone mobile enregistrés sont des identifiants numériques permettant de relier des informations aux affaires privées d'un individu. Il a cité les articles 31(c) et (d) de la Constitution, qui protègent le droit de ne pas voir ses informations privées exposées inutilement. La Cour a noté que ces numéros contiennent souvent des données révélant des activités financières, sociales et personnelles, ce qui rend leur protection essentielle à l'ère numérique. Elle a ordonné au bureau du procureur général de mettre en œuvre des mesures dans un délai de six mois pour protéger les identités numériques liées aux numéros enregistrés. La pétition, déposée en juin 2024, soutenait que la réaffectation de numéros désactivés mais précédemment enregistrés menaçait la vie privée des utilisateurs en exposant des données sensibles à des tiers sans leur consentement. Les pétitionnaires ont demandé une déclaration selon laquelle ces numéros font partie d'une identité numérique personnelle, au même titre qu'une carte d'identité nationale, un passeport ou un permis de conduire. L'affaire a mis en évidence les risques encourus par les personnes incarcérées, dont les numéros peuvent devenir caducs en raison d'une non-utilisation prolongée. Le juge a stipulé que la réaffectation nécessite le consentement informé et vérifiable de l'ancien propriétaire, ou seulement après une période raisonnable suivant la notification publique et la vérification documentée que le propriétaire initial ne peut pas être contacté ou a renoncé à ses droits. Des garanties techniques doivent également empêcher l'exposition non autorisée des données de l'ancien propriétaire pendant la réaffectation.