L'Iran a rétabli samedi un contrôle militaire total sur le détroit d'Ormuz, à peine un jour après avoir annoncé sa réouverture au trafic commercial dans le cadre d'un cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran. Ce revirement rapide survient dans un contexte de restrictions navales américaines persistantes et de faibles volumes de transit, exacerbant les tensions dans ce corridor énergétique crucial.
Le détroit d'Ormuz, précédemment soumis à des restrictions en raison du conflit iranien, avait été déclaré "complètement ouvert" aux navires commerciaux vendredi par l'Iran, en coordination avec les termes de la trêve. Cependant, le transit est resté minimal : les données de Kpler indiquaient seulement huit pétroliers et transporteurs de gaz au passage à l'aube, bien en deçà de la moyenne d'avant-guerre de 130 par jour, en raison du blocus naval américain en cours qui a refoulé 23 navires, selon le Commandement central américain (CENTCOM). Samedi, le lieutenant-colonel iranien Ebrahim Zolfagari du quartier général Khatam al-Anbiya a annoncé un retour à l'état précédent du détroit, soit une surveillance militaire iranienne complète, des limites de transit et de nouvelles accusations de "piraterie" à l'encontre des États-Unis. Le président du Parlement iranien, Mohamad Baqer Qalibaf, avait averti sur X que le détroit "ne resterait pas ouvert" tant que le blocus américain persisterait. Les marchés ont initialement bondi à l'annonce d'une réouverture permanente : le pétrole brut Brent a chuté de 10,9 % à 88,56 dollars, le WTI a reculé de 11,5 % à 83,80 dollars et le S&P 500 a progressé de 1,2 % à 7 126 points. Toutefois, des signalements d'attaques de vedettes rapides du Corps des gardiens de la révolution islamique contre un pétrolier au nord-est d'Oman (UK Maritime Trade Office) et des tirs sur deux navires marchands (Reuters) ont souligné les risques persistants. Le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran doit expirer mercredi.